Ceux qui connaissent les arcanes et le mode de fonctionnement du ministère de l’Intérieur savent qu’un agent d’autorité est désigné pour ses compétences. Homme ou femme, il doit s’acquitter des missions qui lui sont confiées. L’obligation de résultat est de rigueur, comme la reddition des comptes.

Dès cette semaine, deux responsables vont prendre leurs nouvelles fonctions en tant que gouverneurs. Hanane Riahi se chargera des affaires intérieures régionales à la wilaya de Marrakech-Safi, tandis que Bouchra Barradi prendra en charge les affaires et les problèmes de la population de l’un des arrondissements les plus « chauds » de Casablanca : Aïn Chock.

Caïd à Casablanca, Laâyoune et Tanger, (super) gouverneur à Marrakech

Hanane Riahi n’est pas inconnue des habitants (ou du moins une partie) de Casablanca, de Laâyoune et de Tanger. À sa sortie de l’Institut royal de l’administration territoriale (IRAT), elle est affectée à Casablanca comme caïd responsable d’une annexe administrative à Aïn Chock, puis occupe des missions similaires à la tête d’une autre annexe administrative de la préfecture d’arrondissement d’Anfa.

Par la suite, elle quitte la métropole pour le chef-lieu du Sahara. À Laâyoune, elle va diriger deux arrondissements avant que le devoir ne l’appelle à Tanger. D’abord, à la tête de l’arrondissement de Moghogha, puis de celui de Souani.

Casablanca, Laâyoune et Tanger sont trois villes où un agent d’autorité peut plonger, avec des facettes différentes, dans les problématiques et les contrastes du pays. Des villes où il faut à la fois lutter contre l’occupation du domaine public, gérer des imprévus, s’impliquer dans le maintien de la sécurité publique…

Mais là où elle a servi, Hanane Riahi a laissé un bon souvenir chez les acteurs politiques locaux comme auprès des populations, d’autant qu’elle a toujours œuvré aux côtés du tissu associatif, avec une sensibilité aux problèmes des femmes et des enfants.

Hanane Riahi et Bouchra Barradi.

Sauf que tout cela relève du passé depuis le 12 mai. « القايدة » Hanane, promue gouverneur, doit s’attendre à une tâche autrement plus ardue. À la tête des affaires intérieures régionales de la wilaya de Marrakech-Safi, elle hérite de l’un des services les plus sensibles de l’Administration territoriale dans cette région.

Elle devra à la fois gérer une véritable armée d’agents et d’auxiliaires d’autorité, coordonner leurs interventions sur le terrain, collaborer avec les représentants des services déconcentrés, avoir un œil (et son mot à dire) sur tous les dossiers sensibles de la région, suivre la dynamique de développement… Un vaste programme dans une région dont le chef-lieu (Marrakech, première destination touristique du pays) accueille et va accueillir davantage de grands rendez-vous de dimension internationale.

Rappelons enfin que c’est la première fois qu’une femme est chargée d’une telle mission au niveau régional.

Une première de la classe à Aïn Chock

Bouchra Barradi a un parcours sensiblement différent. Elle est lauréate de l’École nationale supérieure d’électricité et de mécanique (ENSEM). Et pas n’importe quelle lauréate ! Cette major de promotion s’est distinguée dans l’audit et le contrôle de gestion en électricité.

À la Lydec, on l’accueille à bras ouverts. C’est au sein de cette société que Bouchra Barradi a passé de longues années, assumant plusieurs responsabilités dont la direction du programme INDH-INMAE qui vise à connecter les quartiers défavorisés aux réseaux d’eau et d’électricité.

En 2020, le ministère de l’Intérieur jette son dévolu sur elle pour la nommer à la tête de la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Safi (RADES). Moins d’une année plus tard, elle est appelée à diriger la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité d’El Jadida-Sidi Bennour (RADEEJ). Une entité morte et enterrée avec l’entrée en service, fin 2024, de la Société multiservices régionale Casablanca-Settat (SRM).

Au moment de l’annonce de l’organigramme de cette SRM, on retrouve le nom de Bouchra Barradi parmi les trois directeurs adjoints, et elle hérite du service support, achat et système d’information.

Elle n’a pas le temps de s’installer dans ses nouvelles fonctions qu’elle est appelée à la préfecture d’arrondissement de Aïn Chock en tant que gouverneur et devra, de temps à autre, porter le treillis et se faire accompagner par la force publique.

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