La diffusion par France TV d’un documentaire consacré aux relations franco-algériennes a suscité un grand intérêt en France et dans e Maghreb. Il a comme on pouvait le prévoir provoqué une vive réaction d’Alger, ravivant une crise diplomatique déjà profonde entre les deux pays. En toile de fond, la question du Sahara marocain, sur laquelle la France a clairement affiché son soutien à Rabat, et la rupture politique consommée entre les présidents français et algérien.

Intitulé Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie, le documentaire a été diffusé sur France Télévisions dans le cadre de l’émission d’investigation Complément d’enquête. Le programme s’inscrit dans la série « La guerre de l’info », et revient sur ce qu’il présente comme la plus grave crise diplomatique entre Paris et Alger.

Le documentaire s’ouvre sur une succession de rumeurs ayant circulé ces dernières semaines des deux côtés de la Méditerranée, certaines anecdotiques, d’autres plus politiques, que les auteurs analysent comme les symptômes d’un climat de défiance généralisée. Il évoque notamment la dégradation accélérée des relations bilatérales, marquées par des épisodes successifs de tensions, notamment des déclarations politiques virulentes, la condamnation du journaliste français Christophe Gleizes, la controverse autour de l’écrivain Boualem Sansal, et le gel quasi total des canaux de dialogue officiels.

Le Sahara marocain, ligne de fracture majeure

Au-delà des questions mémorielles et sécuritaires, le documentaire aborde un point particulièrement sensible pour Alger : la position française sur le dossier du Sahara marocain. Paris y est présenté comme ayant définitivement tranché en faveur du Maroc, un choix stratégique qui alimente l’ire des autorités algériennes et accentue leur perception d’un basculement diplomatique assumé.

Cette orientation française  est perçue comme un facteur aggravant d’une relation bilatérale fragilisée, au moment même où les rapports personnels entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune semblent avoir atteint un point de non-retour, raconte le franco-algérien Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, dans un passage du documentaire.

Réplique virulente de la presse algérienne

Quelques heures avant la diffusion du documentaire, l’Agence de presse algérienne (APS) a publié un long communiqué au ton particulièrement virulent, dénonçant ce qu’elle qualifie de « dérive assumée » du service public audiovisuel français.

Dans ce texte, l’APS accuse France Télévisions d’abandonner toute exigence journalistique au profit d’un « récit biaisé », aligné selon elle sur les thèses de l’extrême droite française. Le communiqué fustige une « entreprise de désinformation méthodique » faisant de l’Algérie une « cible obsessionnelle » et un objet de surenchère médiatique.

Voici deux extraits du documentaire. La vidéo intégrale peut être visionnée ici (création d’un compte gratuit préalable).