Les centres privés d’hémodialyse à Casablanca sont en crise financière. Cette crise est due au retard de paiement de leurs créances de la part du ministère de la Santé. « Cela peut conduire à une cessation de paiement si l’Etat n’intervient pas pour résoudre le problème», déclare à Médias 24 Amal Bourquia, membre de l’Association des néphrologues du Maroc et présidente de l’association « Reins ».
Le montant réclamé s’élève à 21 millions de DH. Un montant conséquent qui s’est cumulé au fil des dix derniers mois et qui correspond à l’exécution par ces centres d’une convention de partenariat avec le ministère de tutelle. Cette convention prévoit la prise en charge médicale, par les centres privés d’hémodialyse casablancais, de plus de 500 patients. Il s’agit de personnes démunis ne bénéficiant d’aucune couverture sociale.
Les termes de la convention prévoient également le remboursement des centres, tous les trois mois, sur la base des factures de prestations fournies et transmises par le mandataire de la région au ministère à la fin de la période donnée. Dans le cadre de ce partenariat, les centres en question facturent un prix forfaitaire de 7.000 DH par mois et par patient, offrant 10 séances de soins. Toutefois, « si pendant les six premiers mois, l’Etat a procédé au paiement des prestations régulièrement, aujourd’hui cela fait 10 mois qu’on n’a pas été remboursé », signale Amal Bourquia.
Ce retard de paiement affecte fortement la trésorerie de ces centres qui continuent, jusqu’à aujourd’hui, à prendre en charge les patients en ayant recours au financement bancaire. « La dialyse coûte chère, et nous avons des fournisseurs à payer, un personnel à rémunérer et des taxes à acquitter. Nous sommes dans une situation financière très critique et nous ne pouvant pas continuer à prendre en charge les patients dans ces conditions » nous explique Amal Bourquia.
En effet, sachant que le retard de remboursement ne concerne que la ville de Casablanca, et faisant suite à cette situation, « nous avons contacté le ministère de tutelle ainsi que la délégation régionale de santé de la région de Casablanca à plusieurs reprises. Néanmoins nous n’avons eu aucun signe de leur part », signale Amal Bourquia. Et d’ajouter : « nous avons tenu une réunion la première semaine du mois de mai, dans le cadre de l’association des néphrologues du Maroc, à l’issu de laquelle nous avons écrit encore une fois au ministère en l’appelant à réagir en urgence face à cette situation ». A défaut de réponse, les membres de l’association seront obligés de prendre des décisions qui peuvent mettre en péril l’état de santé des patients.