Lors de son intervention dans le cadre de la conférence sur le thème de « la réforme des systèmes de retraite au Maroc », organisée par l’association des membres de l’inspection générale des finances (AMIF) et le ministère de l’économie et des finances, le directeur de la CMR n’a pas manqué de faire le point sur la situation difficile que parcourt la caisse de retraite.
 
Le régime de pension civile qui représente 40% de l’activité de la caisse est au bord du déficit. En 2012, le régime comptait 3 cotisants pour chaque retraité alors qu’ils étaient 9 à cotiser en 1990 et 10 quatre ans plus tôt pour une pension. A ce rythme, dans 20 ans, il n’y aurait plus que 4 cotisants pour 3 retraités. L’une des causes de cette décadence est l’application d’une tarification surréaliste : la caisse promet 1,99 DH de prestation pour chaque dirham cotisé. Engagement qui pousse la CMR à désinvestir pour honorer ses engagements à court terme.
 
En 2012, le taux de couverture des pensions par les cotisations était de 115%, flirtant avec un déficit que la CMR devrait statistiquement connaître avant la fin de cette année.
 
Se prêtant au jeu des hypothèses, M. Alaoui estime que «pour rattraper le déficit et atteindre un niveau de cotisation équilibré, la CMR devrait appliquer un taux de cotisation de 47,44%». Pour rappel, le taux de cotisation dans le secteur public est actuellement de 20%. D’après cette même projection, le directeur de la CMR constate : «même si on venait à l’appliquer, les calculs montrent que nous serons contraints de ramener le taux à 73% en 2018, pour une espérance de vie de seulement 10 ans». Autant dire que le taux de cotisation n’est pas la seule variable à prendre en considération pour sortir la caisse de la crise.
 
Face à cette situation d’incertitude, M. Alaoui confie, au micro de Médias 24 : «Si rien n’est fait d’ici 2022, la CMR risque de verser des prestations inférieures à celles attendues, parce qu’on ne pourra distribuer que ce qu’on a !».