Samedi 17 août, Cheb Mami a fait la clôture de la 3ème édition du festival Jawhara d’El Jadida. Celui qu’on surnomme le prince du raï a offert un show exceptionnel, accompagné de musiciens talentueux, lesquels ont donné la réplique à ce raï intergénérationnel qui, dans la fraîcheur nocturne, a fait vibrer un public conquis.
Dans cette ambiance, Mami a annoncé qu’il préparait un nouvel album qui sortira début 2014. Figure incontournable du raï, Cheb Mami est devenu en 1986 le premier artiste de raï à se produire sur la scène de l’Olympia à Paris.
Vendredi 16 août, Gnawa Diffusion s’est produit à la scène Breija El Jadida. Le groupe de fusion franco-algérien, habitué des scènes marocaines et emmené par Amazigh Kateb, fils du grand écrivain algérien Kateb Yacin, a repris ses plus beaux succès comme «Visa vie», «Bab El-Oued Kingston» ou «Madanga». Une incroyable foule était présente, pour faire la fête et vivre un grand moment de partage avec les artistes, talentueux et généreux, de Gnawa Diffusion.
Jeudi 15 août, quatre marocains dans le vent et une véritable légende, celle de Nass El Ghiwan. Le public est venu nombreux pour assister au concert du groupe génial que Martin Scorsese surnommait «les Rolling Stones de l’Afrique» à la scène Azemmour. En effet, le groupe Casaoui fondé dans les années 1970 a donné une prestation dont le public se souviendra longtemps, en chantant notamment ses morceaux cultes tels que «Fine ghadi biya khouya», «Lebtana» ou «Essinya», répertoire puisé dans le creuset des textes contestataires, de la poésie et de la culture populaire Casablancaise.
Omar Sayed, Allal Yaala, Rachid Batma et Hamid Batma ont institué sur la scène Azemmour un son à la fois éclatant et poétique, aux épigones multiples, devant un public de tout âge, preuve que le groupe mythique est l’un des rares groupes marocains que les jeunes ont en commun avec leurs parents.
Deux heures auparavant, la chanteuse libanaise Dina Hayek avait ouvert le bal à la scène Breija El Jadida. Dans un tout autre registre, le groupe de rap Fnaïre a fait la première partie.
Contacté par Médias 24, Issam Kamal, directeur artistique du festival et leader du groupe Mazagan, n’hésite pas à parler d’une véritable réussite. «Le festival s’est très bien passé. L’événement propose 3 grandes scènes avec de nombreuses activités (musique, sport, théâtre, expositions…). Pour le concert de Nass El Ghiwan, il y avait au moins 110.000 spectateurs. Les membres du groupe m’ont confié qu’ils n’ont jamais vu une telle ambiance. Les autres artistes ont été chaleureusement accueillis par le public, je pense notamment à Mami, Cheb Kader, Gnawa Dif’, Saïda Charaf, Ramy Ayach et tant d’autres. Vivement l’année prochaine».
Selon les organisateurs, le festival Jawhara a pour objectif de dynamiser la région, moyennant une action qui intègre culture et développement. Justement, pour cette édition, le festival s’est associé au ministère de l’Equipement et des transports pour sensibiliser la population locale et les visiteurs de la région à la prévention routière.
«Nous avons installé un vrai village pour accueillir les jeunes et les sensibiliser à la question, une scène y est même dédiée», nous confie le directeur artistique du projet, qui précise que le ministère des transports a opté pour une stratégie de proximité, en ayant un contact direct avec la population dans une ambiance décontractée.
Sinon, les organisateurs donnent rendez-vous, l’année prochaine, aux habitués de cette manifestation à la même période.