C’est l’un des grands chantiers culturels du pays. Les travaux de construction du musée, lancés en 2004, devraient prendre fin dans quelques mois avec l’inauguration officielle.
« Je peux vous assurer que le musée ouvrira ses portes au public d’ici fin 2013, au pire début 2014 », lance Mehdi Qotbi, artiste peintre et président de la Fondation nationale des musées.
A propos du retard, l’artiste se défend. « Ce qu’il faut savoir, c’est que nous n’avons pas l’expertise des musées au Maroc. A Marseille, le chantier du nouveau musée a pris presque 10 ans, c’est donc normal qu’au Maroc où l’expertise n’est pas la même, les travaux ont pris tout ce temps ».
Situé au centre-ville, ce projet faramineux a été édifié sur une superficie de 6.813 m2 sur trois niveaux (sous-sol avec parking, rez-de-chaussée et premier étage), mobilisant un investissement qui s'élève à 200 millions de dirhams.
Le ministère de la Culture, maître d’ouvrage du projet, contribue à son financement à hauteur de 44 millions de dirhams, le montant restant est assuré par le Fonds Hassan II pour le développement économique et social.
Le nouveau directeur du projet vient d’être désigné suite à un concours organisé par la Fondation nationale des musées, il s’agit d’Abdelaziz Idrissi, archéologue de formation, ancien conservateur du musée de la Casbah à Tanger et actuel délégué régional du ministère de la Culture à Tanger.
« On a fait un appel à candidature dans les journaux et on a reçu beaucoup de dossiers incomplets qui ont naturellement été refusés par la commission (ndlr en charge de désigner le directeur du musée). La commission qui se compose de 5 membres a désigné M. Idrissi. Je précise que je ne fais pas partie de la commission».
Pour l’inauguration, « une exposition grandiose retracera l’histoire du Maroc du début du siècle jusqu’à l’art très contemporain. Elle devrait durer 12 mois, et le commissaire de l’exposition est Mohamed Rachdi », nous confie la Fondation nationale des musées.
Bonne nouvelle, quand on connait un tant soit peu le parcours de Mohamed Rachdi : chercheur en Art et Sciences de l’art, artiste plasticien, critique d’art, théoricien, commissaire d’expositions… Il a publié des articles d’essais dans des revues et ouvrages collectifs.
En termes de visiteurs, « le musée vise à faire aussi bien, sinon mieux, que le musée Majorelle, qui attire 60.000 à 70.000 visiteurs par an », selon la fondation nationale des musées.
Il convient de noter que le Musée national d’art contemporain s'inscrit dans le programme gouvernemental destiné à combler le déficit du Maroc en matière d'infrastructures culturelles. Ces dernières années, plusieurs espaces dédiés à l’art et à la culture ont ouvert leurs portes à Rabat : Bibliothèque nationale de Rabat, Théâtre Al Mansour, Complexe Mehdi Ben Barka…pourvu que les visiteurs soient au rendez-vous.