Sept romans étaient en lice pour succéder à «Triste jeunesse» de Mohammed Nedali. C’est finalement Analphabètes de l’écrivain marocain Rachid O. qui se voit décerner la 4ème édition de ce prix littéraire, lequel permet à son auteur d’empocher 200.000 DH et un trophée créé pour l’occasion par l’artiste marocain Yahya.

Rachid O., qui se réclame publiquement être homosexuel, n’avait plus publié de livre depuis dix ans. Ce roman porte justement la trace de cette longue absence. Il y revient sur les derniers moments passés avec des personnes qui ont compté dans sa vie, en l’occurrence son père, mais également sur les rapports entre l’homosexualité et l’islam.

«J’ai été analphabète pendant dix ans. Je n’ai rien su écrire, je manquais de ce livre. J’ai perdu des êtres aimés et rencontré d’autres gens qui se sont mêlés à ma vie, mon père qui n’arrivait plus à habiter ce monde-ci, un jeune homme qui cherchait à être un bon frère, une logeuse avide de mettre tout le genre humain à l’abri, des Marocains et des Français qui ne se comprenaient pas ni ne comprenaient leurs sentiments. Tous ces analphabètes, c’est nous», signe Rachid O. dans le prière d'insérer.

Les 6 autres romans qui figuraient dans la sélection de ce prix littéraire sont:

«Le bonheur conjugal» de Tahar Benjelloun, «Ombres sur l'amandier» de Amina El Alami Alaoui, «Amour fractal» de Ghizlaine Chraibi, «L'épreuve de la passion» de Mamoun Lahbabi, «Infidèles» d’Abdellah Taïa et «Amour nomade» de Youssef Amine Alami.

Né en 1970 à Rabat, Rachid O. a fait ses études à Marrakech avant de s’installer en France et de se lancer dans l’écriture avec « L'enfant ébloui », sorti en 1995. S’en suivront «Plusieurs vies»,  «Chocolat chaud» et «Ce qui reste», tous publiés chez Gallimard