Le moral des firmes manufacturières de taille importante a grimpé de quatre points pour s'établir à +16, un niveau plus vu depuis la fin 2007, soit juste avant la crise financière internationale. Celui des grandes firmes non-manufacturières (ensemble qui comprend entre autres la construction mais aussi le commerce et les télécommunications) a gagné six points, à +20, d'après l'enquête « Tankan » de la BoJ. Cet indice trimestriel, qui mesure la différence entre le pourcentage de sociétés qui jugent la situation de façon favorable et celles qui la considèrent défavorable, traduit l'amélioration de l'humeur du monde des affaires depuis le retour au pouvoir du Premier ministre conservateur Shinzo Abe il y a quasiment un an. « Ces données prouvent que l'amélioration continue pour le moral des entreprises, leurs revenus et leurs plans d'investissement », s'est félicité le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, y voyant « un grand résultat » des « Abenomics », la politique économique du Premier ministre.

M. Abe a fait voter au Parlement l'équivalent de 70 milliards d'euros de nouvelles dépenses publiques pour soutenir notamment le secteur de la construction, avant de promettre récemment 40 autres milliards. Il a aussi poussé la BoJ à assouplir considérablement sa politique monétaire, ce que l'institut fait depuis le mois d'avril en élevant son stock d'obligations d'Etat de 50.000 milliards de yens en rythme annuel (350 milliards d'euros).Cet afflux de liquidités a provoqué entre autres une chute du yen, qui a diminué d'environ un quart face au dollar et à l'euro en un an. Cette dépréciation favorise les grands groupes japonais tournés vers l'étranger, car elle élève la valeur de leurs revenus tirés hors de l'archipel, lorsqu'ils les convertissent en yens. Et elle dope in fine le moral des entrepreneurs.

(Avec AFP)