Hier, ils étaient des centaines à s’agglutiner devant le stade Mohammed V à Casa, en espérant atteindre la billetterie promise. Aujourd’hui vendredi, ils sont bien des milliers entre les queues mises en place par les forces de l’ordre et l’agglomérat de spectateurs sur la rue et le trottoir d’en face. Objectif : Obtenir son ticket pour la finale de la Coupe du Monde des Clubs, le Raja de Casablanca contre le Bayern München qui se jouera samedi à Marrakech. Le match qui mobilise tout le Maroc.

Sur le boulevard de Normandie ce matin, les voitures avancent à 2km/h, pare-choc contre pare-choc ou contre jambes de supporters. Certains sont là depuis 5h du matin, d’autres ne sont arrivés qu’à 9h et déjà, n’osaient pas affronter la queue pour accéder aux guichets du complexe sportif, en face du stade d’Honneur.
Dans cette cohue générale, beaucoup sont là pour assister à la finale et encourager le Raja de Casablanca en direct depuis les gradins. Une grande partie cependant est là pour se procurer ces billets «bon marché» pour les revendre avec plus-value.

Deux cent cinquante DH. C’est le prix affiché depuis 8h ce matin aux guichets pour la vente de tickets de niveau 3 normalement vendus à 175 DH. Quand on compare aux prix du marché noir, on comprend mieux pourquoi les passions se déchaînent autant.
Plus de 500 annonces sur le site bikhir.ma et près de 1.300 annonces sur Avito ont été postées entre hier et aujourd’hui proposant un billet pour cette finale de la Coupe du Monde des Clubs. Les prix varient entre 700 et 3.000 dirhams. Pour une majorité des personnes engagées dans les queues, l’écart de prix vaut le supplice.
Attention, si vous achetez un billet au marché noir, faites attention aux contrefaçons.

Si beaucoup se plaignent de l’insuffisance de guichets pour faire face à la demande colossale, cette cohue n’est pas là pour déplaire aux petits snacks ambulants qui ont rapidement flairé le filon et se sont installés avec leurs stands dès 7h ce matin. Au stand d’Abderrazzak, c’est tout un circuit de coursiers qui s’est mis en place pour assurer en flux tendu le ravitaillement en pain, boîtes de thon King Size et en olives. «J’ai dû vendre au moins 5.000 sandwichs !» assure joyeusement Abderrazzak, « et je ne compte même pas les limonades!»
Quoi qu’il en soit, si une chose est bien certaine, c’est que pour leur dernier match de cette compétition, les footballeurs qui ont dessiné un sourire euphorique sur le visage de tous les Marocains le soir de leur victoire contre l’Atletico Mineiro, Mardi dernier, auront un public nombreux et déchaîné.
