Ce n'est pas la première fois. Comme à chaque fois que Bouteflika est absent, malade ou hospitalisé, les rumeurs ont couru. Cet après-midi, la rumeur était à la mort "certaine et avérée", de "source sûre", "en exclusivité", sur les réseaux sociaux. Une radio parisienne, Radio France-Maghreb, l'a même relayée dans la journée de ce mercredi.
Quel que soit l'état de santé réel du Chef de l'Etat algérien, la communication officielle algérienne a failli. Soit elle a fait preuve d'amateurisme, soit elle cherche à cacher quelque chose.
En effet, la dépêche de l'agence officielle APS qui annonce l'hospitalisation de Bouteflika "pour des contrôles de routine prévus depuis longtemps" n'a été diffusée que 24 heures après son admission à l'hôpital. Pourquoi ne pas voir annoncé le jour même, voire la veille cette hospitalisation "de routine"?
En second lieu, puisqu'il s'agit d'examens de routine, pourquoi à Paris? Paris dont on sait la charge émotionnelle, pas toujours positive, dans l'inconscient collectif algérien.
En troisième lieu, le mandat du président algérien s'achève le 16 avril prochain. Le Chef de l'Etat doit convoquer les électeurs au plus tard ce 17 janvier. Une dépêche de l'APS est venue annoncer, hier mardi, que Bouteflika convoquera le corps électoral entre le 16 et le 17 janvier (date prévue de la fin de son hospitalisation) et date limite de convocation des électeurs, "sauf cas de force majeure".
Ce "sauf cas de force majeure" alimente, on s'en doute, les commentaires et les rumeurs. Et pourquoi convoquer à la dernière minute, sur le fil, si l'hospitalisation "de routine" était réellement programmée depuis longtemps?
Depuis sa précédente hospitalisation au Val-de-Grâce à Paris, le Chef de l'Etat algérien était apparu très diminué dans les rares images muettes qui ont été diffusées. Les quelques visiteurs qui l'ont rencontré n'ont jamais fait de commentaire public.
En fin de journée mercredi, une source non identifiée, présentée comme étant du FLN, a démenti les rumeurs autour de la santé du président algérien, dans une déclaration à l aradio tunisienne Mosaïque FM. Le meilleur démenti serait toutefois la diffusion d'images.