Mardi, malgré les efforts déployés par le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi pour le cinquième jour consécutif, le blocage est resté entier sur la question explosive de la transition politique en Syrie, pays ravagé par une guerre qui a fait en trois ans près de 130.000 morts. L'opposition a d'emblée accusé le régime de ne pas coopérer sur la question de la transition, ni sur celle des aides humanitaires, notamment pour les quartiers rebelles assiégés de Homs (centre). « C'est moi qui ai décidé l'interruption de la réunion, il ne faut pas les critiquer », a affirmé mardi M. Brahimi, qui a souhaité que ce temps accordé permette aux deux délégations de mieux préparer la réunion de mercredi matin, à 09H00 GMT. « J'espère que nous aurons une meilleure session demain », a-t-il dit.

Il a réitéré qu'il ne s'agissait pas d' « une négociation facile », reconnaissant « n'avoir obtenu aucune avancée ». « Nous y travaillons et en ce qui me concerne c'est déjà bien », a souligné le diplomate, ajoutant: « Personne ne part en courant, ne se retire ». Selon Rima Fleyhane, membre de la délégation de l'opposition, celle-ci a présenté sa « vision » d'une « nouvelle Syrie démocratique et pluraliste », mais le « régime n'a rien présenté et refusé toute discussion ».

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, a quant à lui expliqué aux journalistes que sa délégation avait présenté un communiqué, obtenu par l'AFP, qui affirme que « les États-Unis ont pris la décision de recommencer à armer les groupes terroristes en Syrie », terme utilisé par Damas pour désigner les rebelles. Il a indiqué que l'opposition s'était refusée à condamner cette décision, rapportée par certains médias et qualifiée par le régime de « tentative directe d'empêcher toute solution politique en Syrie ».

Répondant aux questions des journalistes, M. Brahimi s'est borné à dire qu'il ne s'agissait pas d'une déclaration du gouvernement américain. Le secrétaire d’État américain John Kerry avait déclaré le 22 janvier à Montreux (Suisse) que les Etats-Unis cherchaient « différents moyens de pression » sur le régime de Damas, en augmentant leur aide à l'opposition syrienne. Le communiqué dit de « Genève I », adopté en juin 2012 par les grandes puissances, est au centre des discussions à Genève. Il prévoit la mise en place d'une autorité gouvernementale de transition dotée des pleins pouvoirs, ce qui pose la question du devenir du président Assad, « ligne rouge » pour l'opposition et pour le gouvernement, qui paralyse la discussion. « S'il n'y a pas de progrès dans les prochains jours, le processus va devenir de plus en plus fragile », a constaté un diplomate occidental.

(Avec AFP)