Malgré les avancées réalisées en matière des droits des femmes au Maroc, grâce à la nouvelle constitution, des textes de loi et de la réglementation, les entreprises gérées par des femmes continuent à être confrontées à deux problèmes majeurs, à savoir l'accès au financement et aux marchés, a-t-elle indiqué lors d'une rencontre sous le thème: «Financer son entreprise: comment lever des fonds».
«Dans un contexte international et régional très mitigé, l'Etat ne peut plus résorber le chômage qui est en plein de recrudescence. C'est l'auto-emploi, le développement et la pérennisation des entreprises qui va nous permettre de nous en sortir», a-t-elle expliqué.
Mme Miyara a mis en exergue dans ce cadre la volonté politique affichée pour encourager et accompagner l'entreprenariat a fortiori féminin, l'entreprise, créatrice de valeur et de richesses, étant aujourd'hui au cœur du processus de la croissance.
Au niveau de l'AFEM, a-t-elle poursuivi, l'accès au financement, qui est un souci majeur pour nous, a fait l'objet de plusieurs négociations. Ces dernières se sont concrétisées en 2013 par la signature d'un partenariat avec la Caisse centrale de garantie (CCG) pour permettre aux femmes chefs d'entreprises, créatrices ou en phase de développement de leur structure, de bénéficier d'une garantie de crédit.
Il s'agit en l'occurrence du produit «Ilayki» qui est une garantie préférentielle de 80% des crédits à la création d'entreprises promues exclusivement par des femmes dont le montant ne dépasse un million de DH.
De son côté, le directeur général de la CCG, Hicham Zanati Serghini, a indiqué que l'entreprenariat féminin est considéré comme un développement naturel et important, nécessaire à la croissance de tout pays, notant qu'une augmentation du nombre des sociétés créées par les femmes entraînera un accroissement du PIB.
M. Serghini a également exprimé la détermination de la CCG à appuyer et accompagner le financement de l'entrepreneuriat féminin, à travers son offre de garantie et de cofinancement adaptée à chaque étape du cycle de vie de l'entreprise (création, développement, exploitation, restructuration).
«Quand les fonds propres sont faibles, même si l'activité est porteuse, l'accès au financement devient difficile», a relevé pour sa part, la directrice générale adjointe du pôle banque de la PME au sein du groupe Banque Populaire, Soumia Alami Ouali, notant que des fonds propres suffisants par rapport au niveau d'activité de l'entreprise, sont un gage quant au niveau d'engagement du promoteur.
Pour les renforcer, a-t-elle poursuivi, il faut penser à diversifier son actionnariat, notamment via des fonds de capital développement qui peuvent investir jusqu'à hauteur de 30% du capital et se retirer au terme d'une période déterminée à l'avance.
L'entreprise peut également opérer un lease-back sur ses actifs immobiliers et remonter le cash dégagé dans les fonds propres, ou encore emprunter à titre personnel, a-t-elle ajouté.
Mme Alami a, par ailleurs, souligné que l'offre CCG s'est considérablement diversifiée et permet à un plus grand nombre d'entreprises d'accéder aux différents types de financements.
Lors de cette rencontre de sensibilisation, à travers laquelle la CCG et l'Afem ont réaffirmé leur engagement en faveur de la promotion de l'entrepreneuriat féminin, des témoignages de femmes chefs d'entreprises ont permis de mettre en lumière leurs parcours et l'expérience.
(Avec MAP)