La Tunisie, l’Afrique de l’Ouest, le sud de l’Espagne et la moitié sud de la Sicile sont également concernés. Ces cartes étaient classées secret-défense depuis plus de 50 ans.

Une carte sur cet impact qui vient d’être publiée par le quotidien Le Parisien  montre l’effet des radiations: celles-ci débordent sur Oujda, Fès et Marrakech pour frôler la zone de Rabat-Zaërs et atteignent le sud jusqu’à Laayoune.

Appelée la Gerboise Bleue, cette première bombe nucléaire française avait été testée le 13 février 1960 et ses radiations ont mis plus de 12 jours pour s’étendre à l’est, à l’ouest, au nord et au sud de Ghardaia où se trouvait la base nucléaire française.

4 essais nucléaires au total ont eu lieu entre 1960 et 1961 dans le sud algérien.

Selon Le Parisien, les militaires reconnaissent aujourd’hui que l’eau a été contaminée à Tamanrasset dans le sud algérien et à N’Djaména, capitale du Tchad.

Selon l’expert Bruno Barillot cité par Le Parisien, «personne n’ignore aujourd’hui que ces éléments radioactifs sont à l’origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires». Ces éléments sont principalement l’iode 131 et le césium 137. Quant aux documents déclassifiés, selon Le Parisien, «l’armée n’a communiqué que des archives soigneusement triées».
Selon Me Fatima Benbraham interrogée par Le Parisien,  "la France doit rendre des comptes", indique-t-elle, soulignant que "le mythe de la 'bombe propre' est fini" et que "c'est un crime continu que [l’Algérie] subit depuis cinquante ans".

Une commission d’indemnisation franco-algérienne sur le sujet existe, mais ses résultats sont contestés par la société civile algérienne.

En Algérie, la France a gardé une présence militaire discrète jusqu’à la fin des années 1960 malgré les difficiles relations politiques entretenues par Paris et Alger au lendemain de l’indépendance du pays voisin en juillet 1962.