Bis repetita non placent. Hamid Chabat vient d’obtenir hier, dimanche, son droit de réponse sur la première chaîne publique, Al Oula. Il s’agit là d’un passage aussi affligeant que celui qu’il a fait le 16 février sur 2M où il a été question de tirer des boulets rouges sur le chef du gouvernement.

Rappelons-nous, le 4 février denier, la HACA avait accordé au parton du parti de la balance un droit de réponse suite à l’inteview-discours du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane le 13 octobre dernier sur les deux chaînes publiques. D’après la décision de la Haute autorité, le secrétaire général a droit de répondre sur Al Oula et 2M dans des conditions similaires au magazine spécial du chef du gouvernement, pour une durée maximale de 13 minutes.

Point par point, Chabat a répondu aux déclarations de Benkirane qui le touche personnellement. Il a été question des « prétentions » de Benkirane selon lesquels le SG de l’Istiqlal serait l’unique responsable de la sortie de son parti de la première coalition gouvernementale. La réponse de Chabat : « un an après s’être mis d’accord sur le programme gouvernemental, on s’est rendu compte qu’aucun point de ce programme n’a vu le jour. Nous avions même prévenu le chef du gouvernement que l’augmentation des prix est une ligne rouge à ne pas dépasser. Benkirane a brandi les slogans de lutte contre la corruption et la rente, mais apparemment, le chef de gouvernement « a fraternisé » avec la corruption et en a fait son allié ».

Quant à sa campagne contre les ministres du gouvernement même avant la dissolution de la première version du gouvernement, Chabat a précisé qu’il ne s’agissait pas d’attaquer les ministres mais « uniquement leur performance ». « Il est essentiel pour nous de critiquer le travail de ce gouvernement qui considère qu’il n’a pas besoin d’une opposition. Vous n’êtes pas sans savoir que dans les pays démocratiques, l’opposition est complémentaire au gouvernement. Si Benkirane savait écouter ses opposants, nous n'en serions pas là ».

Chabat n’a pas profité des 3 semaines qui séparent ses deux passages pour actualiser même timidement ses propos. C’est ainsi qu’il parlé de « l’autoritarisme de Benkirane » : « Le chef du gouvernement agit d’une position autoritaire, il intervient dans toutes les institutions, il fait même la pression à le HCP pour qu’elle ne le contredise pas».

Le secrétaire général s’en est pris également aux rapports de son rival avec l’opposition. « Le chef du gouvernement ne s’est jamais réuni avec les chefs de l’opposition ou les centrales syndicales. L’opinion publique assiste chaque jeudi à des nominations clientélistes aux hautes fonctions. Les prix du gasoil, eux, augmentent chaque mois », a-t-il déclaré. Le chef de parti a réitéré son fameux « conseil » à Benkirane :« qu’il travaille avant que le peuple marocain ne dise son mot ».

Finalement, le secrétaire général de l’Istiqlal a reproduit presque mot par mot son premier passage sur 2M. En appelant son rival à élever le niveau du discours politique, il ne fait pas mieux lui-même, infligeant aux Marocains 13 amères minutes de discours stérile.