Au cœur du très huppé XVIe arrondissement parisien résonneront, à partir du 21 mars prochain, des chants chaleureux nés dans nos montagnes et nos plaines marocaines. Des mélodies amazighes qui accompagneront ça et là, la visite de l’exposition « Femmes berbères » organisée par la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent, sous le haut patronage du roi Mohammed VI. Cet événement entend rendre hommage à la richesse d’une culture millénaire en honorant ses principales gardiennes : les femmes « à qui le patrimoine doit une grande partie de sa survivance ».

En inconditionnel et fin connaisseur du Maroc, Pierre Bergé précise en effet que le choix de cette thématique a été motivé par le « rôle prépondérant qu’elles assurent dans la transmission de l’identité, de la langue, du savoir-faire et de l’éducation des enfants ». Une chaleureuse reconnaissance appuyée par la présentation d’une multitude de pièces et d’objets, empruntés majoritairement au Musée berbère de Marrakech, consacrant la femme et son quotidien.

Cette exposition, se souciant de la diversité culturelle berbère, n’omet pas les spécificités régionales et s’articule à cet effet autour de trois axes principaux et espaces distincts. Tout d’abord les portraits de la femme berbère marocaine à travers des textes, des cartes et des projections guidant le visiteur vers une découverte historique, géographique, sociétale et tribale. S’en suit la démonstration d’un savoir-faire et d’un artisanat reçus en héritage et précieusement cultivés. Ces pratiques sont illustrées par des objets renvoyant aux techniques exclusivement maîtrisées par les femmes, notamment en matière de vannerie, poterie et tapisserie.

Un dernier volet propre à la féminité berbère est également dévoilé au cours de cette exposition hors du temps. Pour rappeler en effet que le quotidien de ces femmes était mâtiné de festivités et rituels, la Fondation Bergé fait la part belle à leurs parures et costumes, symboles de beauté et garants des identités tribales. Issus du Rif au Sahara, les bijoux, accessoires et vêtements se déclinent dans des camaïeux de couleurs et d’exubérance, pour honorer ce Maroc d’hier et d’aujourd’hui.