"Les restrictions croissantes font apparaître des failles choquantes dans le bilan global des droits humains dans le pays", a souligné lundi l'organisation Amnesty International.

L'ONG internationale se dit préoccupée par "les efforts visant à réduire les opposants au silence et à étouffer les troubles sociaux", notant que les autorités continuent à "s'en prendre aux Algériens, notamment aux journalistes qui s'écartent du discours officiel" favorable au président Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un quatrième mandat au scrutin du 17 avril.

Par ailleurs, Amnesty relève, dans une synthèse sur l'Algérie rendue publique à Londres, que bien que ce pays soit un pays producteur de pétrole, "les troubles sociaux et économiques alimentés par la corruption, la hausse du coût de la vie, le taux de chômage élevé et la crise du logement se poursuivent".

Les autorités algériennes "ont déjà largement réagi à ces actions de protestation en les dispersant par la force, ainsi qu'en harcelant et en arrêtant manifestants et militants syndicaux", relate l'ONG.

Amnesty n'a pas manqué de déplorer l'insuffisance des garanties légales contre les actes de torture en Algérie, évoquant un "bilan désastreux du pays en matière d'impunité".

Depuis plusieurs semaines, l'Algérie est secouée par des manifestations opposées à la candidature du président Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, et réclamant des réformes politiques et sociales profondes dans le pays.

(Avec MAP)