«Twitch»… Si ce terme n’évoque rien de plus pour vous que le nom d’une barre chocolatée prononcé avec un énorme cheveu sur la langue, alors il est fort à parier que vous ne faites pas partie de la communauté grandissante des «homo-geekus-informaticus», ou pire, que vous êtes un parent…

Pourtant, malgré leur «grand âge», les dirigeants du géant du net américain, Google, ont perçu l’intérêt de ce site de streaming, spécialiste de la diffusion de matchs d’e-sport, qui réunit chaque mois pas moins de 45 millions de spectateurs à travers le monde. Ces millions d’internautes sont majoritairement captivés par la transmission de sessions de jeux vidéo assurée par un million de diffuseurs.

Si ces statistiques donnent le tournis, elles surprennent tout autant que l’offre avancée par Google, via sa filiale Youtube. La firme américaine offre en effet 1 milliard de dollars pour que la start-up de San Francisco employant 80 salariés, rejoigne son armada et hisse son étendard.

Un caprice? Certainement pas! Mais davantage une bonne dose de flair. Et pour cause : Twitch, désormais le site d’e-sport le plus populaire de la planète, permet de retransmettre ses propres parties mais également de suivre les rencontres d’autres gamers sur des centaines de chaînes diffusant pour certaines 24 heures/24 et commentées en dizaines de langues. Le paradis des amateurs de jeux vidéo, une communauté à la croissance exponentielle, mais également un terreau extrêmement fertile pour les publicitaires de plus en plus intrigués par ce site lancé en 2011 par Justin Kan et Emmett Shear. 

Bien que le site Twitch ne génère actuellement que peu d’argent et préfère employer la majeure partie de ses investissements au déploiement de nouveaux serveurs à travers la planète, il signe des partenariats juteux avec les magazines spécialisés GameSpot, Joystick et Destructoid et se ménage, de plus, une confortable porte de sortie de l’univers du PC auquel il était cantonné, en proposant ses services aux consoles PlayStation 4 et Xbox One.

Si les négociations avec Google sont bel et bien engagées, les détails quant à leur état d’avancement divergent: pour le Wall Street Journal, elles sont à peine entamées tandis qu’elles seraient imminentes pour le site Variety. Une certitude demeure en revanche : Twitch, l’un des sites les plus gourmands en bande passante (1,35% du trafic internet selon la société Sandvine), s’en mettra tôt au tard plein la panse.