Du haut de ses 37 ans, une brillante jeune femme, vient bousculer et bouleverser un ordre établi depuis 1936 dans l’univers des mathématiques. En remportant la prestigieuse Médaille Fields, récompensant tous les quatre ans les mathématiciens – de moins de 40 ans – les plus talentueux du moment, Maryam Mirzakhani conquiert une place de choix dans un domaine jusque là exclusivement masculin.

Primée ce mercredi 13 août au cours du 27e Congrès international quadriennal de Mathématiques, tenu ce mercredi 13 août à Séoul en Corée du Sud, la jeune lauréate d’origine iranienne partage l’honneur avec trois autres jeunes récipiendaires – le Franco-brésilien Arthur Avila, le Canado-américain Manjul Bhargava et l’Autrichien Martin Hairer – devant près de 5.000 participants.

Pour Curtis McMullen, de l’Université de Harvard, détenteur de la Médaille Fields en 1998 et directeur de thèse de Maryam Mirzakhani, la lauréate dispose «d’une impressionnante série de résultats fantastiques depuis dix ans. Ses percées ont considérablement vivifié un domaine très actif» signale le spécialiste, relayé par le quotidien Le Monde.

La scientifique, ancienne étudiante de l’Université Sharif de Téhéran, titulaire d’un doctorat obtenu à Harvard et professeur à l’Université de Stanford, est spécialiste en géométrie et dynamiques de surfaces inhabituelles, telles que des surfaces hyperboliques, en forme d’anses ou de selles de cheval.

Produit de la société iranienne, cette remarquable jeune femme renvoie à la mondialisation de la discipline dominée majoritairement par l’Europe et les Etats-Unis. Mais souligne plus que jamais qu’il n’y ait pas de domaines inaccessibles aux femmes.