Le dernier rapport de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, l’UNHCR, souligne la gravité de la crise qui frappe la Syrie depuis désormais près de 3 ans. Son terrible constat fait état de plus de 3 millions de personnes enregistrées dans les rangs des réfugiés.
Selon Antonio Guterres, Haut Commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés, le pays incarne «la plus grande crise humanitaire de notre ère», avec plus de la moitié des Syriens contraints à fuir leurs domiciles dont trois millions se sont installés dans un pays étranger dans des camps de réfugiés.
Il indique également que «le monde ne parvient pas à répondre aux besoins des réfugiés et ceux des pays qui les accueillent. La réponse à la crise syrienne a été généreuse, mais l'amère vérité est qu'elle est bien loin de satisfaire les besoins nécessaires», indique le spécialiste.
La majorité des réfugiés ont fui dans les pays voisins, notamment au Liban qui constitue l’un des plus importants foyers d’accueil pour ces populations avec non moins de 1.175.504 de Syriens selon le dernier bilan. Le rapport de l’ONU souligne par ailleurs qu’un Syrien sur huit a franchi les frontières syriennes, tandis que près de 6,5 millions d’individus alimentent les vagues de déplacements au sein du territoire. Et d’ajouter que plus de la moitié des déracinés syriens sont des enfants…
Quant aux réfugiés, ils seraient 832.508 en Turquie, 613.252 en Jordanie, 215.369 en Irak, 139.090 en Egypte, 23.367 en Afrique du Nord. Les observateurs de l’UNHCR indiquent que les familles qui parviennent à quitter la Syrie se trouvent dans des états d’épuisement et de crainte alarmants, suite à près d’une année de ballotage et de fuite de ville en ville avant de gagner des zones moins sensibles. Ils affirment également que les déplacements deviennent de plus en plus compliqués pour les Syriens en raison de la multiplication des points de passage surveillés. Le versement de pots-de-vin à des groupes armés se révèle souvent indispensable.
La guerre civile qui détruit le pays et dont souffre la majorité de la population a par ailleurs entraîné la mort de plus de 190.000 personnes. Une situation qui tend à empirer selon les services de l’UNHCR en raison de la présence et de la formation des groupes armés de l’Etat Islamique, occupant une importante partie du territoire syrien.