"Les districts Port Loko (nord), Bombali (nord) et Moyamba (sud) sont mis en quarantaine avec effet immédiat", a annoncé le président Ernest Bai Koroma dans une déclaration télévisée tard dans la soirée de mercredi. Cette mesure, dont la durée n'a pas été précisée concerne, près de 1,2 million de personnes. Elle intervient moins d'une semaine après un confinement total de trois jours de toute la population du pays.
Kenema et Kailahun, deux districts de l'est du pays épicentre de l'épidémie en Sierra Leone, demeurent en quarantaine depuis début août.
Avec la nouvelle décision, ce sont au total cinq des 14 districts du pays, et plus d'un tiers de la population en Sierra Leone qui sont concernés par les restrictions de circulation. "Le confinement de ces districts et chefferies va évidemment poser de nombreuses difficultés mais la survie de nos concitoyens et de notre pays est prioritaire", a insisté le président Koroma. "Ces temps sont éprouvants pour tout le monde dans notre pays", a-t-il dit.
Ces mesures sanitaires drastiques restent toutefois nécessaires dans ce pays où le virus de la fièvre hémorragique concerne 1.813 personnes dont 593 cas mortels.
Epidémie enrayée au Nigéria
Le Nigéria semble pour sa part reprendre son souffle. Son président Goodluck Jonathan a affirmé mercredi à la tribune de l'ONU que son pays n'était désormais plus affecté par le virus Ebola, déclenchant des applaudissements nourris. "Nous pouvons dire avec confiance désormais que le Nigéria n'est plus touché par Ebola", a-t-il déclaré devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.
Une affirmation optimiste qu'il a alors répétée, sous une nouvelle salve d'applaudissements, mais que n'a pas encore confirmée l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Selon les autorités nigérianes, il n'y a plus de patient d'Ebola en observation mais l'OMS attend 42 jours, soit deux fois la période d'incubation, pour déclarer qu'un pays n'est plus touché par la maladie. Le Nigéria n'ayant plus signalé de cas depuis le 8 septembre, c'est le 20 octobre seulement que l'OMS sera en mesure de se prononcer si aucun nouveau cas n'apparaît.
L'épidémie qui sévit en Afrique de l'Ouest depuis le début de l'année a touché en juillet le Nigéria, le pays le plus peuplé d'Afrique. Le virus y a infecté 20 personnes, parmi lesquelles huit sont mortes selon l'OMS. Le Nigeria a de son côté fait état de sept décès. Au total 529 personnes avaient été placées en observation dans la capitale économique Lagos et l'Etat pétrolifère de Rivers.
Quatre des personnes décédées au Nigéria étaient des professionnels de santé ayant traité un Libérien, Patrick Sawyer, qui avait apporté le virus dans le pays.
L'épidémie d'Ebola a tué au moins 2.811 personnes sur 5.864 cas en Afrique de l'Ouest, essentiellement au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone, selon le dernier bilan de l'OMS arrêté au 18 septembre.
(Avec AFP)