Interrogé sur les perspectives de paix en Guinée-Bissau, José Ramos-Horta qui «regrette 40 ans de coups d’Etat» a également déploré «la politique de deux poids, deux mesures» de la part de la communauté internationale qui maintient un régime de sanctions. Des élections s’y sont tenues au printemps dernier.
>Deux poids, deux mesures?
Ramos-Horta a déploré que « la communauté internationale ne réagit pas de la même manière lorsqu’un coup d’Etat se passe au Caire ou à Bangkok».
Ramos-Horta a indiqué avoir accepté la mission de paix en Guinée-Bissau «pour rendre à l’ONU ce qu’elle lui avait donné et donné à son pays». La Guinée-Bissau, peuplée de 2 millions d’habitants est située sur la façade atlantique africaine au sud du Sénégal. Le pays ne connaît pas de stabilité politique depuis plus de quatre décennies.
Mais Ramos-Horta a également déploré qu’«il n’existe pas de dialogues ni d’échanges à l’intérieur de la Guinée-Bissau, ni entre la Guinée-Bissau et ses voisins». «Cela crée des suspicions. Si ces suspicions durent, elles deviennent des faits».
>Suspicions et faits
Ramos-Horta a déploré que le pays soit catalogué comme «narco-Etat» alors que la production de drogue se fait en Colombie et transite par les aéroports brésiliens de Rio et de Sao Paulo.
«C’est l’Amérique du sud qui produit, l’Europe qui consomme et la Guinée-Bissau qui est montrée du doigt» a fait remarquer Ramos-Horta.
Après des élections tenues au printemps dernier, les sanctions affectant la Guinée-Bissau n’ont pas été levées a noté Ramos-Horta. «La cohérence n’est pas l’une des vertus principales du système international,» a-t-il rappelé.
La séance de ce matin a également été l’occasion pour un universitaire sénégalais de déplorer que les Atlantic Dialogues traitent notamment de nombreux sujets africains mais avec peu d’intervenants africains. «Où est l’Afrique subsaharienne?» s’est-il interrogé. Ce matin Ramos-Horta était interrogé par un journaliste brésilien.