«Quels sont les obstacles à une plus grande diffusion des énergies renouvelables en Afrique?» C’est par cette question que Tessa Paganini du German Marshall Fund a lancé le débat sur «les nouvelles dynamiques énergétiques dans le bassin atlantique».

Coût, éducation, gouvernement, subventions aux énergies fossiles ont été les principales réponses données par la salle grâce à un système de sondage électronique express.

Pour l’ancienne ministre de l’énergie marocaine et actuelle DG de l’ONHYM (Office national des hydrocarbures et des mines) Amina Benkhadra, «les subventions constituent probablement l’obstacle le plus important».

>Subventions publiques

Aujourd’hui, «le charbon, le nucléaire et l’éolien sont les énergies les plus compétitives» selon Benkhadra. «En tenant compte des subventions publiques,» complètera Rheinard Butikofer du parlement européen. Car la production des énergies renouvelables est aussi subventionnée.

Sur la question de savoir quelles sont les attentes des consommateurs et des citoyens vis-à-vis des énergies renouvelables, l’environnement et la «survie» auront été les mots les plus choisis par l’audience lors d’un sondage électronique express.

La troisième attente choisi par les sondés a été «aucune» ce qui illustre les interrogations du public sur les bienfaits des énergies renouvelables, ou … leur cynisme vis-à-vis de la décision politique.

Pour sortir de ce cynisme et de cet attentisme, l’élu allemand a suggéré «des choix qui combinent des énergies renouvelables et technologies efficaces».

>Le coût contre l’environnement ?

A la question de savoir pourquoi la Pologne continue d’investir dans le charbon très polluant à l’usage, les questions du coût et de la proximité sont cités «surtout au vu du doublement des prix du pétrole en moins d’une décennie».

Pour Amina Benkhadra, le Maroc investit dans le solaire car il dépend à 99% des importations des énergies fossiles alors que le potentiel solaire et éolien est très important. Pour Benkhadra, il s’agit de «se positionner sur le créneau du renouvelable en termes de technologies et de formation des compétences associées».

A l’horizon 2020, le solaire, l’éolien et l’hydraulique doivent assurer chacun 14% des besoins énergétiques marocains, 42% du total de la production installée. Le Masen et l’Aderee notamment travaillent au Maroc sur la production d’énergie solaire et la promotion de la production et l’usage des énergies renouvelables.

Le patron du groupe brésilien Light SA Jerson Kelman a rappelé qu’avant ces avancées dans les renouvelables, «le Brésil, il y a 40 ans, tirait une partie de son énergie du bois et des forêts».

En matière énergétique, a rappelé Jefferson Edwards de la Royal Shell Dutch,  «il faut se souvenir que nous serons 9 milliards d’humains sur terre en 2015, dont 60% vivront dans les villes, notamment africaines».

Le responsable de Shell a indiqué qu’«un effort important était actuellement fait pour favoriser l’usage du gaz naturel dans le transport routier et le cabotage maritime», notamment en Chine. Une expérience à partager.

Pour l’élu européen Reinhard Butikofer, «la chose la plus sage serait de compter sur l’énergie que chaque pays a, et de réduire les importations d’énergies fossiles».

Les débats de ce dimanche qui ont démarré sur le thème de la piraterie maritime doivent se poursuivre l’après-midi par des échanges sur « le levier des changements démographiques ».

 Les responsables du German Marshall Fund et de l’OCP Policy Center doivent conclure les travaux desAtlantic Dialogues de Marrakech en milieu d’après-midi.