Après les élections tunisiennes, la plus étrange déclaration est certainement venue de Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, devenu depuis quelques années, un spécialiste en notation.

M. Fabius a en effet révisé la note de la Tunisie, l’élevant au rang de démocratie.

Contrairement à ce que tout le monde croyait, “la démocratie est possible dans le monde arabe“, se réjouit M. Fabius. Effectivement, jusque là, les Tunisiens, les Maghrébins, les Arabes, les Berbères et les Nord-Africains, étaient des humains de seconde zone.

“Les Tunisiens ont franchi hier un cap historique. Ils offrent la preuve que la démocratie est possible sur tous les continents et dans toutes les cultures“, poursuit M. Fabius.

Si on devait opérer un amalgame comme l'a fait M. Fabius, nous répondrions que jusque là, la démocratie était réservée aux occidentaux, cette race supérieure qui a inventé les camps de concentration nazis et qui a balancé une petite bombe atomique sur Hiroshima.

Non, nous ne dirons pas cela, car bien que situés sur cette rive sud de la Méditerranée, nous sommes convaincus qu’il n’y a pas débat, que toute l’humanité se vaut, avec ses forces et ses faiblesses, ses errements et ses lumières. (N. E.)