Les assauts successifs des migrants aux frontières de Melilia, dans le nord marocain, incitent les autorités espagnoles à revoir leur stratégie sécuritaire, selon un article du Wall Street Journal. Débordée, la police procédait systématiquement à l’expulsion des candidats à la migration clandestine, renvoyant les migrants majoritairement d’origine subsaharienne de l’autre côté des clôtures. Une attitude hautement condamnée par l’ONU, qui y voyait un mépris manifeste des droits de l’homme et du droit d’asile, interdisant ainsi les expulsions sommaires exercées par la police des frontières.

Bien qu’épinglées par de nombreuses ONG et des défenseurs des droits humains, les autorités espagnoles prévoient un moyen de contourner les rappels à l’ordre. Elles décrètent ainsi « un périmètre de sécurité » au pied des clôtures, modifiant par la même occasion la notion de ligne de frontière entre le royaume et l’enclave. A cet effet, les autorités espagnoles estiment désormais que le migrant qui foule le sol de Melilia, au pied de la séparation, ne peut désormais plus prétendre à brandir son droit d’asile. Les migrants détenus dans cette zone sont immédiatement refoulés hors du territoire espagnol…

Si cette nouvelle démarche espagnole traduit un souhait indéniable de renforcer les procédures sécuritaires, elle représente une nouvelle bravade au droit international. L’intensification des patrouilles, la présence de polices paramilitaires, ainsi que les abus et mauvais traitements avérés envers les migrants, signaient d’ores et déjà le franchissement d’un cap dans le durcissement de la politique exercée aux frontières des enclaves. L’Espagne franchit-elle l’étape de trop en instaurant cette zone de sécurité ? Les autorités ne semblent pourtant pas en démordre… Elles proposent en effet un nouvel amendement afin de légaliser rétroactivement cette pratique devenue systématique.