Les propositions de résolution pour demander que la France reconnaisse l’Etat palestinien se multiplient et sont désormais inscrites à l’ordre du jour des deux assemblées. On votera à l’Assemblée nationale le 28 novembre, et au Sénat quelques jours plus tard.
Les sénateurs communistes sont les plus avancés puisque leur proposition de résolution est inscrite à l’ordre du jour la haute assemblée pour la séance du 11 décembre.
Deux autres groupes ont mis au point des textes : les écologistes et les socialistes. Dans les deux cas, les groupes ont approuvé les textes, qui doivent désormais être présentés en commission des affaires étrangères, puis être soumis au vote des sénateurs. Les dates ne sont pas encore connues.
Les défenseurs développent plusieurs arguments parmi lesquels les décisions internationales favorables à la Palestine, le fait par exemple que le pays siège à l’Unesco comme Etat et qu’il a un statut d’Etat non-membre à l’ONU. Les récentes décisions britannique (demande de reconnaissance des parlementaires) et suédoise (reconnaissance effective de la Palestine) pèsent également de tout leur poids, tout comme l’opération israélienne contre Gaza.
« Les événements de Gaza ont été la goutte qui a fait déborder le vase : aujourd’hui, il n’est plus possible de reculer » souligne la sénatrice socialiste de Paris Bariza Khiari interrogée par Médias 24. Elle fait partie du noyau de 14 sénateurs socialistes qui a rédigé la proposition de résolution sur le Palestine. Elle a depuis longtemps voulu faire avancer la cause palestinienne ; elle espère que son souhait aboutisse aujourd’hui.
« Les opinions au sein du Sénat ont beaucoup évolué. Notre résolution a aujourd’hui toutes les chances d’aboutir car elle correspond à une opinion largement répandue. La négociation n’est pas efficace, elle ne donne rien. Il faut un signal fort » souligne-t-elle. Et de rappeler la position de la nouvelle commissaire européen en charge des Affaires étrangère, favorable à un Etat palestinien.
Les écologistes, qui portent la cause palestinienne de longue date, espèrent aussi que leur résolution puisse recevoir l’aval des sénateurs. Le groupe vert est unanime autour du texte dont l’initiative revient à la sénatrice Esther Benbassa, née à Istanbul et qui a passé une partie de sa jeunesse en Israël.
La question des forces en présence fait toutefois peser sur le vote une inconnue. Mathématiquement, les trois groupes qui ont rédigé des résolutions représentent une minorité : 140 sénateurs sur 348. Le vote peut donc échouer, mais les partisans comptent sur les événements du Moyen-Orient et la dynamique enclenchée par la Suède et le Royaume Uni pour influencer le vote des sénateurs de l’opposition. Selon Bariza Khiari, « des sénateurs centristes et de droite sont sensibles à cette cause et vont voter pour la reconnaissance. »