Le vice-président du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM) Amadou Sadio Baldé a été appréhendé par la police marocaine lundi soir, au moment du passage par le barrage de la douane à l’aéroport Mohammed V de Casablanca.

Il devait se rendre à Bordeaux, où il était invité par le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) à une conférence où il devait faire une intervention intitulée «migration et esclavage moderne: quand l’absence des droits porte atteinte à la dignité humaine. »

Contacté par Médias 24, le président du CMSM nous a livré son récit des faits: «Après avoir fait cacheter mon passeport, un commissaire est arrivé au guichet pour me retirer du groupe qui comptait le président du Cran et la délégation qui se rendait à Bordeaux.»

Le motif invoqué est celui de l’utilisation d’un faux document. «Le commissaire de police m’a dit qu’il y a une falsification sur la deuxième page du passeport. Suite à quoi, j’ai directement contacté l’ambassadeur intérimaire de Guinée au Maroc, M. Bangoura. Le commissaire marocain a refusé de parler à l’ambassadeur,» nous raconte le militant associatif.

Plus tard dans la soirée, vers 21h30, il a été transféré à la préfecture de police de Casablanca. Il a été présenté, aujourd’hui, devant deux procureurs qui ont fixé la date de la première audience au 3 décembre 2014. M. Baldé précise: «j’ai obtenu le visa normalement au consulat de France à Rabat, et mon passeport ne comporte aucun défaut.»

Pour information, Amadou Sadio Baldé est un militant engagé en faveur de la défense des droits des migrants au Maroc depuis 2007.