Youssouf Qaradawi est égyptien d’origine, naturalisé qatari. Il vit à Doha, prononce le prêche chaque vendredi à la mosquée Ibn Abdelwahab dans la capitale du Qatar et jusqu’à une date récente, présentait une émission religieuse hebdomadaire sur Al-Jazeera, “la Charia et la vie“.

Qaradawi est la plus grande figure de l’idéologie frériste dans le monde. Son influence, comme sa fortune, sont immenses.

Après le 11 septembre 2001, il avait servi de digue contre les tentations jihadistes dans les populations arabo-musulmanes. Sur Al-Jazeera, il a condamné la violence, inlassablement, chaque semaine.

Sur le plan doctrinal, Qaradawi estime que l’excision est permise mais pas obligatoire. Il affirme également que tuer un apostat n’est pas une obligation. Il s’inscrit contre la violence des groupes jihadistes, mais approuve les attentats suicides dans les territoires occupés et en Israël. En 2011, il avait émis une fatwa consistant à appeler les Libyens à tuer Kaddafi.

Mais en fait c’est son activisme auprès ou avec les Frères musulmans égyptiens qui est en cause.

La notice rouge diffusée par Interpol n’est pas un mandat d’arrêt international. Elle relaie le mandat délivré par l’Egypte pour “entente, incitation et complicité dans des assassinats intentionnels, incendies criminels, vandalisme et vol“. Il s’agit de faits qui s’inscrivent dans le cadre des accusations portées contre l’organisation des Frères musulmans égyptiens.

En septembre dernier, le Qatar avait expulsé plusieurs dirigeants des Frères musulmans dont le fameux Wajdi Ghoneim, à la demande de pays du Golfe et de l’Egypte.

Plus récemment, les Emirats ont placé les Frères musulmans dans la liste des organisations terroristes.