Tandis que ce mercredi, les autorités russes se sont attachées à enrayer le plongeon historique subi par le rouble, au plus fort de la journée mardi, la monnaie est allée jusqu’à perdre plus de 20%, atteignant les seuils chocs de 100 roubles pour un euro et 80 roubles pour un dollar. «Le rouble vaut ce que vaut le pouvoir de Poutine pour le marché», a estimé le journal indépendant Novaïa Gazeta.

Vladimir Poutine ne s’est pas encore exprimé sur le sujet, le Kremlin soulignant qu’il appartenait au gouvernement de régler la crise. La situation du rouble promet de largement dominer la grande conférence annuelle du président jeudi, un exercice pendant lequel il jongle pendant plusieurs heures avec les questions des centaines de journalistes russes et étrangers présents.

Les Russes se sont rendus en masse vers les bureaux de changes pour convertir leurs roubles en devises étrangères, accentuant le sentiment de panique.

D’autres se sont rués vers les magasins afin d’acheter des produits, surtout importés, dont les prix promettent de flamber. Face à l’afflux des commandes et les montagnes russes du taux de changes, Apple a préféré suspendre ses ventes en ligne dans le pays. Et pour la seconde fois en un mois, les prix des billets d’avions ont été augmentés (14%), ainsi que ceux du constructeur automobile Nissan (3% à 5%). «Outre le renchérissement des produits importés qui pénalise le pouvoir d’achat des ménages et alimente des pressions inflationnistes déjà intenses, la chute du rouble met à mal les entreprises russes endettées en devises étrangères», ont prévenu les économistes de la société financière CMC-CIC Securities.

(Avec AFP)