Record de tirage du dernier numéro de Charlie Hebdo
Ne cherchez plus le « numéro des survivants » en kiosque en France, il est d’ores et déjà en rupture de stock ! Rendu immortel par le tragique évènement du mercredi 7 janvier, l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo a été tiré ce 14 janvier à 3 millions d’exemplaires, représentant le Prophète en Une, dans un style très apaisé.
Ce numéro signé par les rescapés de l’attentat attribué aux frères Kaouchi fera de nouveau l’objet de tirages ce mercredi afin d’atteindre le chiffre record de 5 millions d’exemplaires.
Il sera également distribué dans plus de 20 vingt pays, cinq langues dont l’arabe. Absent des kiosques marocains – à l’instar des autres titres étrangers reprenant la dernière couverture polémique-, ce dernier numéro suscite d’ores et déjà des remous dans le monde musulman, où certaines voix s’élèvent pour dénoncer une nouvelle provocation inutile.
Des mesures anti-terrorisme sur le devant de la scène
L’exécutif français, qui veille à ne pas sombrer dans une récupération maladroite voire malsaine de l’attentat ébranlant l’Hexagone, ne peut néanmoins pas céder à l’inaction. Guidé par un principe préventif, ce dernier s’attèle ainsi à la mise en place des mesures sécuritaires durcies. La consigne véhiculée par le président François Hollande ne traduit néanmoins pas de dérives droitières ou radicales. Dans une allocution remarquée, le chef d’Etat français déclare : «Ni inaction, ni précipitation. Ni angélisme, ni surenchère». Une formule précisée par son Premier ministre qui assure à son tour qu’il ne sera pas question d’un «Patriot Act» à la française, mais que des dispositions exceptionnelles seront toutefois adoptées.
Parmi les premières pistes légales évoquées par le gouvernement français :
– Une généralisation de l’isolement en prison pour les détenus islamistes radicaux
– Une amélioration des systèmes d’écoute administrative et judiciaire
– Empêcher le retour des jihadistes en France (mesure inapplicable pour les personnes de nationalité française)
– Une expulsion des islamistes radicaux
– Une habilitation des imams de France
– Une déchéance de leur nationalité française des personnes reconnues comme ayant commis un acte terroriste
– Un contrôle renforcé d’Internet
La majorité des mesures présentées par l’exécutif français ne sont ni nouvelles ni originales. Certaines datent en effet de plusieurs années, elles prennent néanmoins un sens inédit au regard des récents évènements. Mises sur le devant de la scène, elles visent en effet à muscler un arsenal existant, à assurer une meilleure coordination des services et à augmenter les moyens d’action.
Les premiers résultats semblent d’ores et déjà poindre avec l’ouverture d’une cinquantaine de procédures pour apologie du terrorisme – notamment sur la toile considéré comme un facteur aggravant. Le ministère de la Justice français a adressé une circulaire aux procureurs afin de requérir à davantage de fermeté. Les inculpés encourent une peine de sept ans de prison et une amende s’élevant à 100.000 euros.
Le cas de l’humoriste d’origine camerounaise, Dieudonné M'Bala M'Bala, traduit également ce virage amorcé par les autorités françaises. Placé en garde à vue à Paris, le mercredi 14 janvier, suite à l’ouverture d’une enquête pour «apologie du terrorisme» diligentée par le Parquet de Paris, Dieudonné avait en effet mentionné sur sa page Facebook se sentir «Charlie Coulibaly», en référence à Amedy Coulibaly, l'homme qui avait pris des clients d'un supermarché casher en otage et avait tué quatre d'entre eux.
Au-delà de ce durcissement, des mesures plus tangibles ont également été appliquées à la demande du président Hollande. Elles prévoient notamment le déploiement de 10.000 soldats dans le pays pour la protection des lieux dits sensibles, ainsi que 4.700 policiers et gendarmes dédiés à la protection des quelque 717 écoles et lieux de cultes musulmans et juifs. Un dispositif appelé à évoluer en fonction des besoins.
Debout la République !
Un moment d’unité nationale remarquable a eu lieu au Parlement français. Finis les querelles intestines et les conflits partisans. Une des «vertus» du deuil est d’unir les cœurs… et les voix.
Ce mardi 13 janvier, ministres et députés toutes couleurs confondues ont entonné ensemble la Marseillaise, hymne national français, lors d’une séance d'hommage aux 17 personnes tuées lors des attentats de la semaine précédente. Ce chant a été entamé à l’issue d’une minute de silence dans un hémicycle plein et après « une allocution du président socialiste de l'Assemblée Claude Bartolone, écoutée dans un silence total» indique Le Point. Une source parlementaire indique à l’hebdomadaire français, que “c’est sans doute la première fois que tout l’hémicycle entonne la Marseillaise sous la Ve République“.
Une nouvelle vidéo montre le calme et la violence des frères Kouachi
Elle a été diffusée puis mise en ligne par France 3.
Zineb El Rhazoui, le fardeau du rescapé
Elle était en reportage au Maroc au moment de la tuerie qui a décimé l’équipe de Charlie Hebdo, ses collègues et amis. Zineb El Rhazoui, journaliste marocaine et chroniqueuse en charge de la religion au sein de la rédaction de l’hebdomadaire satirique français, revient avec émotion pour de nombreux médias francophones sur son expérience auprès des victimes. Avec les «survivants», elle a participé à la création du numéro paru ce mercredi 14 janvier et évoque la difficulté de surmonter ce drame mais également la nécessité de poursuivre le combat.
Vidéo : Emouvant échange entre Zineb El Rhazoui et Bernard Kouchner sur BFM TV
Les vibrants discours de François Hollande et Manuel Valls
Le président François Hollande a tenu mardi matin à rendre un hommage solennel aux trois policiers qui ont perdu la vie dans ces attentats en livrant un discours touchant et profondément humain. Selon la presse française, le président s’est retranché dans ses appartement élyséen jusque tard dans la nuit du lundi au mardi pour en écrire chaque mot…
Le premier Ministre Manuel Valls s’est également illustré à l’hémicycle en prononçant un discours remarqué. Ovationné par l’assistance, celui qui cristallise la situation de l’Hexagone en affirmant que la « France est en guerre contre le terrorisme », a également tenu à saluer la mémoire des 17 disparus et à louer le formidable élan de solidarité qui marquera l’histoire française.