– DDT. "Je vais être désagréable mais je t'en veux vraiment Charb d'avoir entraîné l'équipe dans la surenchère, paix à ton âme". C’est par ces mots que Delfeil de Ton, un des fondateurs de Charlie Hebdo, a accusé dans le nouvel Observateur, le directeur de publication Charb d'être responsable en partie du drame du 7 janvier dernier. DDT est co-fondateur de Charlie Hebdo.
Mathieu Croissandeau, directeur de l’Obs, a validé la publication de ce papier car «en matière de liberté d'expression, il est gênant de censurer une voix, quand bien même elle est discordante».
Certains pourfendeurs de la ligne éditoriale de Charlie Hebdo rappellent que si ce magazine se dit partisan d’une liberté d’expression totale, une affaire de licenciement jugé abusif (du dessinateur Siné) prouve le contraire.
– Siné. Pour avoir publié une chronique sur le mariage de Jean Sarkozy (fils de Nicolas), le caricaturiste Siné avait été licencié (2008) pour les propos «inacceptables» faisant le lien entre conversion au judaïsme et réussite sociale. «Il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ».
Licencié sans préavis alors qu’il était salarié depuis 16 ans du journal satirique, le tribunal saisi jugea que ses propos n’étaient pas antisémites et condamna Charlie Hebdo à lui verser 40.000 euros pour préjudice moral et économique.
– Philippe Tesson. Du haut des ses 87 ans, le fondateur du défunt «Quotidien de Paris» Philippe Tesson n’a pas hésité à marcher sur les pas du polémiste Eric Zemmour et du romancier Michel Houellebecq.
Le journaliste qui sévit toujours dans «Valeurs actuelles» a tenu des propos islamophobes en déclarant: «Ce qui a créé le problème, ce ne sontquand même pas les Français (…) D’où vient le problème de l’atteinte à la laïcité sinon des musulmans? (…) Ce sontles musulmans qui amènent la merde en France aujourd’hui, il faut le dire, quoi!». Ses paroles lui ont valu le dépôt d’une plainte le 14 janvier de la part d’un Parisien pour incitation à la haine raciale.
– Banderoles.Dans la même veine, le quotidien Nice Matin informe que la Police a ouvert une enquête pour incitation à la haine raciale après avoir décroché une banderole comportant l’inscription: «Terrorisme islamiste, Merah, Nemmouche, les frères Kouachi, basta ». Sa photo a été publiée sur le compte Twitter d’un groupe d’identitaires niçois.

– Optimiste voire idéaliste, Nilüfer Göle, célèbre sociologue turque à l‘École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) affirme que « les attentats vont contribuer à repenser les règles du vivre ensemble dans l’unité. Elle en veut pour preuve les manifestations monstres multiculturelles qui vont créer «une nouvelle communauté (…) où tout le monde vit dans l’unité».
Elle avance que la réponse appropriée aux attaques doit être «l’émergence d’une nouvelle société européenne où les musulmans devront jouer un grand rôle dans la construction car les musulmans de France se sont mis en avant comme citoyens européens».
– A l’opposé de ces déclarations apaisantes, Aymeric Chauprade membre du Front national estime que la France est désormais en guerre car l’Islam. Cette religion fait «planer une grave menace avec son invasion lente et ses valeurs guerrières contraires à la république introduit par une 5e colonne».
– Fox News. Dans le même registre dramatique auquel nous a habitués la chaîne américaine «Fox news », peu de choses sépareraient l’ambiance dans certains quartiers parisiens de certaines villes comme Bagdad.
Au lendemain des attentats français, un pseudo-spécialiste Nolan Petersen, vétéran de l’armée américaine affirme sans sourciller que plus de 751«no-go zones» existent en France c'est-à-dire des quartiers où les «non-musulmans» ne sont pas les bienvenus.
Des zones où « le gouvernement a abandonné son autorité à la communauté musulmane» et où des quartiers comparés à ceux d’Irak ou d’Afghanistan sont régis par la charia. La vie y est effrayante avec des musulmans se baladant tranquillement «avec des tee-shirts d’Oussama Ben Laden ».
Il ne faut pas s’étonner de ce genre de propos outranciers à l’antenne d’une chaîne télévisée ultra conservatrice qui ne porte dans son cœur ni les musulmans ni encore moins la France.