Décidément, il n’y a pas que l’Atlantique qui sépare la France des Etats-Unis…

Sur le traitement du dramatique attentat frappant la capitale française début janvier, la sanction de l’humoriste Dieudonné pour apologie du terrorisme a provoqué une levée de boucliers pour la défense de la liberté d’expression, une grande majorité d’intellectuels et journalistes américains n’ayant pas caché leur incompréhension…

L’humoriste Jon Stewart, célèbre pour ses analyses hilarantes de l’actualité et sa liberté de ton, s’empare de l’interpellation de Dieudonné pour mettre à nu un «paradoxe » selon lui. S’il se dit « perdu » et « troublé », il s’interroge sans ambages sur la logique française qui s’élève unanime pour la protection de la liberté d’expression et celle qui, quelques jours après, arrête l’humoriste française polémique en raison d’un statut facebook (« Je suis Charlie Coulibaly ») jugé faire l’apologie de la haine et du terrorisme.

Relayées par le site francophone Slate, ces voix américaines discordantes tentent d’expliquer pourquoi de tels événements n’auraient pu être nourris au sein des frontières étasuniennes.

Ainsi, ces intellectuels –de droite comme de gauche- estiment que les discours haineux sont davantage déconstruits et combattus dans le cadre de débats publics.

Le recours aux tribunaux appliqué en France accentue en l’occurrence le sentiment du « deux poids, deux mesures ». D’un côté le système qui autorise la publication des caricatures du Prophète de l’Islam au nom de la liberté d’expression, condamne les discours – aux goûts plus que douteux certes – proférés par les déçus de la publication des caricatures.

Par ailleurs, parmi ces intellectuels, certains n’hésitent pas à signaler que le gouvernement français « a été trop loin » en criminalisant une opinion « pro-terroriste ».

Ces « incohérences » relevées par la presse américaine s’explique partiellement par la définition donnée outre-Atlantique d’une publication jugée outrancière voire raciste. Selon eux « le ressenti de la communauté visée doit être déterminant dans la définition de ce qui est raciste ou non ».

Ils concluent également en assurant qu’au cours des 20 dernières années, un titre satirique tel que Charlie Hebdo, n’aurait jamais pu voir le jour aux Etats-Unis.

En France, les provocations communautaires ont explosé suite aux tragiques évènements coûtant la vie à plusieurs innocents. Le journaliste Philippe Tesson, sorti de sa réserve, s’est fendu d’un commentaire polémique selon lequel « ce sont les musulmans qui amènent la merde en France ». Ces propos lui ont valu de faire l’objet ce lundi matin d’une enquête préliminaire pour « provocation à la haine raciale ».