Le Liban et la Jordanie sont également cités par Vincent Stewart.

Lors de sa comparution devant le comité des forces armées de la Chambre des représentants, Vincent Stewart a souligné que «le nombre croissant d’Etats devenus vulnérables et ingouvernables dans la région du Moyen-Orient est dû au recul des Etats modérés et séculiers dans la région».  (Vidéo: à partir de la minute 12 pour les déclarations sur l’Algérie, la Libye et l’Egypte).

 

Il s’est inquiété du développement de Daech en Afrique du Nord, principalement en Algérie, en Libye et en Egypte où de nombreux attentats sont désormais revendiqués. Daech revendique une implantation en Libye et en Egypte.

En Algérie, Daech est en compétition avec AQMI, Al Qaïda au Maghreb islamique.

Le DIA est le Defense Intelligence Agency, l’agence des renseignements militaires du gouvernement américain.

 

Pressions multiples en Afrique du Nord

 «Alors que les frappes de la coalition ont réduit la possibilité pour Daech d’agir de manière ouverte en Irak et en Syrie, le groupe reste capable de mener des offensives limitées et cherche à élargir sa présence au-delà de ces deux pays», a indiqué Stewart.

«Les gouvernements de l’Egypte, de l’Algérie, de la Jordanie et du Liban sont sous diverses sources de pression, réduisant ainsi leur capacité en tant que région de faire face aux menaces posées par les extrémistes violents».

Pour Stewart, «l’environnement de sécurité globale actuel constitue le défi le plus important de ces 60 dernières années». Il cite «une confluence de facteurs politiques, militaires, sociaux et technologiques» derrière cette évolution préoccupante.

 «Pris dans leur ensemble, a déclaré Stewart, les récents développements politiques, militaires et technologiques ont créé des défis sécuritaires plus divers et plus complexes qu’aucune nation n’en a jamais vécu ».

Au cours de cette audition qui a duré deux heures et qui a coïncidé avec l’annoncé par Daech de l’exécution du pilote jordanien, plusieurs élus américains dont Susan Feinstein de Californie sont intervenus pour souligner la cruauté des troupes d’Aboubakr Al-Baghdadi.

 Le pilote jordanien a été brûlé vif et une vidéo mise en ligne.

Vincent Stewart était auditionné avant la publication attendue cette semaine d’un rapport de la DIA qui doit élaborer sur les principales menaces à la sécurité mondiale et américaine selon les militaires américains.

 Il s’agit dans une première catégorie de la Russie et de la Chine «qui menacent certains de leurs voisins et mènent des opérations de surveillance te de survol de plus en plus loin de leurs territoires». Vincent Stewart a notamment exprimé des doutes sur la validité des accords de survol du territoire américain octroyés aux Russes. Relancé sur ce point, il a indiqué souhaiter «répondre à huis- clos».

 Ensuite  sont citées les menaces en provenance du Moyen-Orient et de l’Afrique avec l’extension de zones de non-droit et vides de toute structure étatique : Syrie, Yémen, Libye et nord-est du Nigéria et nord du Mali. Enfin, la troisième menace concerne la cybercriminalité «qui peut rapidement, et sans traçabilité certaine, créer d’importants dégâts aux systèmes d’information». Le rapport complet doit être présenté ce jeudi 5 février à Washington.

Ces échanges entre politiques, militaires et experts américains arrivent à un moment où les forces de la coalition marquent des points contre les forces de Daech sans pourtant les défaire.

Aux Etats-Unis, l’opinion publique est de plus en plus favorable à une entrée des troupes au sol en Syrie et en Irak si les frappes aériennes ne défont pas de manière décisive les combattants de Daech.

Objectif sécurité

Ce mercredi après-midi à Washington, le délégué général (numéro 2) du DNI Robert Litt, le Department of National Intelligence, était à la  Brookings Institution pour faire le point sur  la politique de renseignements américaine.

 Une partie du contenu du rapport de la DIA y a été discuté, notamment dans ses parties relatives à l’échange d’informations entre les membres de la coalition anti-Daech et à un usage plus intensif du renseignement électronique et humain.

Durant l’intervention de Robert Litt, de nombreux experts américains se sont montrés extrêmement critiques sur Twitter au sujet de la politique officielle américaine en matière d’intelligence électronique.

La tension des échanges entre Robert Litt et la salle, notamment des journalistes allemands, espagnols et américains, a montré que le représentant du DNI s’était fixé des limites très strictes quant aux réponses qu’il fournirait sur le travail d’intelligence mené actuellement par Washington.

Des sondages aux déclarations de Stewart ou de Litt, ainsi qu’aux nombreux débats actuellement en cours aux Etats-Unis, mais aussi au Japon, sur les budgets militaires, la tension au Moyen-Orient ne devrait connaître aucun répit en 2015.

En France ce mercredi, après Paris et l’Ile-de-France, l’alerte sécuritaire du plan Vigipirate a été relevé un cran à son niveau «attentat» à Nice et dans les Alpes-Maritimes.

Au Caire, au lendemain de l’assassinat du pilote jordanien, Al-Azhar a appelé les musulmans «à tuer les criminels de Daech et à leur couper les pieds et les mains, à les crucifier».

Au nord du Cameroun, des combattants du groupe nigérian Boko Haram ont brûlé une mosquée et égorgé plusieurs civils.

Enfin, ce mardi,  responsables saoudiens et pakistanais ont discuté de coopération en matière nucléaire militaire.