L'écrivain et chroniqueur algérien y a répondu sans détours. Verbatim. 

"Je ne veux pas jeter l'Islam à la mer, mais je ne veux pas qu'il nous jette à la mer non plus", a déclaré l'écrivain, qui juge nécessaire de "revenir à la question religieuse. C'est une question de vie ou de mort".

Kamel Daoud, qui s'est vu poser une question sur la compatibilité de l'Islam avec la laïcité et la démocratie, a répondu qu'il "ne pense pas qu'ils soient antinomiques".

Plus tard, il déclarera que "l'Islam n'existe pas. Ce qui existe, c'est les musulmans. Je m'explique: chacun peut faire ce qu'il veut de l'Islam, le rendre compatible avec la démocratie comme le contraire", tout en se désolant qu'aujourd'hui, ce sont les lectures obscurantistes de l'Islam qui dominent.

"J'ai eu l’impression qu'à certaines périodes de l'histoire, l'Islam était laïc. C'est maintenant qu'il ne l'est plus".

L'écrivain a également parlé des printemps arabes, qui se sont heurtés contre le rempart de l'islamisme. Pour Kamel Daoud, "si on ne se soulève pas, on est écrasé, et si on se soulève, on est écrasé. (…) On est dans le piège". Il s'est, plus spécifiquement, désolé de la situation en l'Algérie, qui est "passée d'une époque à une autre. D'un monde à un autre".

"Je ne veux pas être un auteur de l'histoire néo-coloniale", a précisé Kamel Daoud, qui dit qu'en écrivant "Meursault, contre-enquête", il a "voulu écrire un roman à partir de Camus, pas un roman de Camus". Les livres de Camus, "on les lit comme une sort d'essais philosophiques déguisés", selon M. Daoud. 

"Meursault, contre-enquête" est, selon son auteur, un hommage à Albert Camus. Un hommage insolent, car "tout hommage qui ne contient pas de l'insolence n'est pas un hommage. C'est de la soumission".