Selon un responsable du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Doha a décidé de rappeler pour consultations son ambassadeur au Caire en raison d'une déclaration du délégué égyptien à la Ligue arabe, a indiqué QNA. L'agence qatarie n'a pas donné de précisions sur la teneur de la déclaration du délégué égyptien. Mais la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera a affirmé que les Egyptiens avaient accusé le Qatar de soutenir le terrorisme.

Des médias égyptiens ont eux aussi rapporté que le délégué égyptien à la Ligue arabe, Tariq Adel, avait accusé le Qatar de soutenir de terrorisme, au motif que le délégué qatarien avait exprimé des réserves sur une clause approuvant les raids aériens égyptiens contre les jihadistes.

Le ministère qatarien des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué que le Qatar avait émis dans le cadre de la Ligue arabe des réserves sur une approbation des raids égyptiens en Libye, soulignant la nécessité de "consultations avant toute action militaire unilatérale contre un autre Etat membre" de l'organisation panarabe.

Par ailleurs, les pays du Golfe ont apporté jeudi leur soutien au Qatar dans son différend avec l'Egypte, qui a accusé Doha de "soutenir le terrorisme". Ce soutien a été exprimé par le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdellatif al-Zayani, qui a, dans un communiqué, "rejeté les déclarations du délégué égyptien auprès de la Ligue arabe accusant le Qatar de soutenir le terrorisme".

"Ces accusations sont infondées et erronées. Elles ignorent les efforts sincères déployés par le Qatar, avec les autres membres du CCG et les pays arabes, pour lutter contre le terrorisme et l'extrémisme", a commenté le chef du CCG.

Les déclarations égyptiennes "ne contribuent pas à renforcer la solidarité arabe au moment où nos pays sont confrontés à d'énormes défis qui menacent leur sécurité, leur stabilité et leur souveraineté", a-t-il encore dit.

La réaction du CCG tranche avec le soutien affiché jusqu'ici par la plupart des pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite, au régime du président Abdel Fattah al-Sissi depuis la destitution en 2013 du président Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans. Le Qatar est soupçonné de soutenir cette confrérie, classée organisation "terroriste" en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

(Avec AFP)