Les grandes lignes du projet de loi sur la sécurité des barrages ont été présentées mardi à Rabat, lors d'une journée d'étude organisée par le ministère délégué chargé de l'Eau en collaboration avec l'Institut méditerranéen de l'eau (IME).
Ce projet, qui s'inscrit dans le cadre du plan législatif du gouvernement pour la période 2012-2016, vise à combler le vide juridique dans ce domaine eu égard au nombre croissant des barrages du Royaume et de la complexité grandissante des sites les abritant.
Ledit projet ambitionne de formaliser les pratiques et les procédures et "permettra de clarifier les rôles des entités intervenant dans ce domaine, instruire les attributions et responsabilités de chacun afin de se prémunir autant que possible des risques de ruptures ou de défaillances graves mettant en péril la vie de la population située à l'aval (des barrages)", a précisé la ministre chargée de l'Eau, Charafat Afailal qui intervenait à cette occasion.
Ce projet, qui sera soumis au parlement pour adoption cette année, coïncide avec la fin d'élaboration du Plan national de l'eau qui prône la poursuite des réformes réglementaires et institutionnelles dans le secteur de l'eau, a indiqué Mme Afailal.
Elle a rappelé, à cet égard, que le Royaume s'est engagé depuis longtemps dans la voie de la maîtrise et de la mobilisation de ses ressources en eau grâce à sa politique des barrages, précisant que le pays compte aujourd'hui 139 grands barrages en exploitation, 12 grands barrages en cours de réalisation et plus d'une centaine de petits barrages, soit une capacité de stockage de plus de 17 milliards de m3.
Le Maroc dispose aussi d'un vaste programme de sites étudiés ou en cours d'étude et dont la réalisation sera étudiée dans les années à venir, a-t-elle ajouté, mettant l'accent sur la nécessité d'intensifier les échanges autour des pratiques et comportements à adopter pour sécuriser ces ouvrages.
Pour sa part, l'ambassadeur d'Espagne à Rabat, Jose de Carvajal Salido, a indiqué que le Maroc et l'Espagne "doivent gérer l'eau dans les zones de pénurie", faisant savoir que "les bassins du sud-ouest de l'Espagne ont un climat et une pluviométrie similaires au nord du Maroc".
Les ministères marocain et espagnol en charge de l'eau travaillent sur un projet d'accord de coopération en matière de ressources hydriques qui pourrait être concrétisé lors du forum de l'eau de la Corée, a relevé M. Salido.
De son côté, la présidente de l'Institut méditerranéen de l'eau (IME), Milagros Couchoud Gregori, a souligné l'importance de trouver des solutions durables à la hausse de la demande en eau et qui est due essentiellement aux changements climatiques, culturels et économiques et à l'évolution des modes de vie.
Mme Gregori a jugé nécessaire d'économiser l'eau, tout en veillant à optimiser la capacité de stockage de cette matière vitale et à développer les recherches et études sur la gestion des ressources hydriques.
Cette journée d'étude a connu la participation de professionnels nationaux et internationaux en réglementation, planification, conception, réalisation et exploitation des barrages qui ont échangé sur les concepts pratiques et réglementaires relatifs à la sécurité de ces ouvrages hydrauliques.
MAP