La 5e édition de Come To My Home, intitulée Parfums d’Andalousie, mettra à l’honneur les grands poètes qui ont fait l’heure glorieuse d’Al Andalus.

L’occasion pour Driss Alaoui Mdaghri de nous en dire plus sur ce projet culturel audacieux qui l’anime et le passionne depuis plusieurs années.

Lancé dans le cadre de la Fondation cultures du monde, le concept est de faire dialoguer les cultures, en invitant des artistes venus du monde entier à rencontrer et concevoir des œuvres inédites avec des artistes marocains.

Le format n’est pas rigide. Il ne s’agit ni d’un festival, ni d’une caravane, c’est un objet volant non identifié, nous confie son concepteur. Come To My Home offre sa scène à l’improvisation, au dialogue des langues et des instruments, au mélange des genres artistiques.

A chaque édition sont programmés des concerts, des conférences, des ateliers de danse, des tournois d’échec, des projections de films autour d’un thème unique.

Cosmopolitisme artistique au fond d’une mine de sel

 La 1e édition en 2012 à Casablanca s’articulait autour du thème du « management venu du Sud », la 2e à Marrakech mettait à l’honneur « les villes créatives », la 3e à Lucques en Italie porté sur « l’homme et les vulnérabilités » la 4e à Khourigba/Bejaad se consacrait au « souffle mystique ».

Pour cette dernière édition, M. Mdaghri avait imaginé une mise en scène dans une mine de sel de Mohammedia, à 450 mètres de profondeur pour faire jouer des artistes iraniens, malais, sénégalais, indiens ou italiens ensemble dans le ventre de la terre. Un souffle mystique devait alors immanquablement traverser la voûte, malgré le côté trivial du port du casque obligatoire.

On croit alors sur parole M. Mdaghri lorsqu’il nous dit que les artistes qui s’engagent sur son projet donnent beaucoup d’eux-mêmes et de leur générosité.

Pour cette cinquième édition, Come To My Home pose ses bagages à Casablanca, et sera hébergé au Bouskoura Golf City et à la Mahakama des Habbous. Pour ce dernier lieu, la bâtisse du Pacha aux tournures andalouses offrira un décor envoûtant à la chorale Dar Ala et au concert des Deux Rives.  

Ce festival appelle au voyage et c’est dans cet esprit que la Fondation Cultures du Monde  de M. Mdaghri a noué des partenariats avec l’université Al Akhawayn et l’Ecole Iscae, qui ont une ouverture vers l’international.

L’échange d’étudiants entre Al Akhawayn et l’université de Shanghai pourrait être l’occasion de concevoir une édition de Come To My Home en Chine. La fondation Cultures du Monde est déjà implantée dans d’autres pays avec des associations en Italie, au Sénégal, aux Etats-Unis.

Le fondateur a à cœur de porter la culture marocaine – et ses multiples visages arabe, soufi, berbère, andalou – sous d’autres horizons. Celui-ci souhaite montrer le côté ouvert de la foi, des croyances et des convictions de son pays.

Une rencontre porteuse d’un dialogue de paix

Ces évènements sont à chaque fois l’occasion de rencontres œcuméniques d’artistes qui ont leur foi et leur croyance en partage. Parmi les artistes résidents du festival : l’Indien Rashmi V. Patt, percussionniste spécialiste de la tabla,  Jacelyne Parry, compositrice et vocaliste australo-malaisienne, Badara Seck, chanteur sénégalais.

Le thème de la prochaine édition, Parfums d’Andalousie, s’est imposé avec l’air du temps, nous dit le concepteur de Come To My Home. Al Andalus, c’est une période artistique très prolifique, un moment de partage des connaissances, et de voyages entre les deux rives. « Ce parfum fait de beauté, de bonté et d’ouverture, c’est comme si nous en avions besoin aujourd’hui ». Pour invoquer ce parfum, la chorale Dar Ala reprendra les poètes qui ont fait l’époque glorieuse d’Al Andalus : Ibn Zeydoun, Ibn Khafadja, Abu al-Baqa al-Rundi, Ibn Arabi, Ibn Al Khatib…

Pour les enfants de 7 à 77 ans

Le programme de cette édition sera encore très varié avec au programme ateliers de danse, des récitals, un pique-nique champêtre, des ateliers pour enfant de calligraphie, d’ornithologie et de percussion. Toutes les activités sont ouvertes au public, « aux enfants de 7 à 77 ans, à tout ceux qui veulent changer le monde par l’art et la poésie ».

Les inscriptions se font sur le site. Pour la soirée du 3 avril, dans le décor exceptionnel de la Mahakama, il faut prévoir une participation de 300 DH .

Et demain ?

Outre une sixième édition de Come To My Home, qui suivra immédiatement et aura lieu à Rome le 30 avril, Driss Alaoui Mdaghri souhaite consacrer son temps à l’écriture. L’écrivain-poète finalise un livre intitulé Suis ton chemin, recueil de conseils adressés à ses enfants, à lui-même et à d’autres intéressés. Il voudrait ensuite se consacrer aux mémoires de ses différentes vies de ministre, de professeur et de troubadour.