Le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Libye, Bernardino Leon, a repris vendredi les consultations politiques avec les délégations libyennes présentes à Skhirate, apprend-on auprès de la Mission d'appui de l'ONU en Libye (MANUL).
M. Leon a repris les consultations avec les délégations libyennes présentes à Skhirate notamment sur les modalités de poursuite des pourparlers politiques visant à trouver une issue politique à la crise en Libye, a déclaré à la MAP, M. Samir Ghattas, porte-parole de la mission onusienne.
Selon M. Ghattas, le responsable onusien se réunira notamment avec la délégation du Congrès national général et les négociateurs dits "indépendants" en l'attente de l'arrivée au Maroc de la délégation du parlement libyen internationalement reconnu, dit "parlement de Tobrouk".
Des représentants de ce dernier ont demandé à M. Leon le report de la reprise des pourparlers en vue d'approfondir les consultations internes au sujet des questions à l'ordre du jour de ces négociations.
Les pourparlers politiques inter-libyens reprendront jeudi 19 mars à Skhirate.
Un premier cycle de ces pourparlers avait pris fin samedi 7 mars à Skhirate après trois jours de discussions ''positives'' et ''constructives'', avait indiqué la Mission d'appui de l'ONU en Libye.
Les parties ont pris une pause en vue d'évaluer les progrès réalisés jusqu'à présent et de discuter avec leurs délégations comment aller de l'avant dans ces pourparlers, qui se déroulent sous les auspices de l'ONU et du représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Libye.
La mission onusienne avait indiqué que des progrès ''significatifs'' avaient été enregistrés lors de ces négociations.
Les participants à ces discussions avaient souligné au terme de ce premier cycle l'urgence de former un gouvernement d'unité nationale pour sortir le pays de la crise politique, qui dure depuis plusieurs mois.
Les discussions ont porté essentiellement sur les arrangements de sécurité pour arrêter les combats et la formation d'un gouvernement d'unité nationale pour mettre un terme à la division institutionnelle dans le pays.

L’ONU a également réuni à Alger et avec le concours du gouvernement algérien, plusieurs factions libyennes, partis politiques, figures de la société civile, réunion qui avait abouti à la signature de la Déclaration d’Alger.

Ce document, signé par les différentes factions présentes, est la réaffirmation de principes généraux, sans feuille de route ni calendrier, ni même décisions.

Au Maroc, la démarche est différente. Les deux principales parties libyennes, le parlement sortant et le parlement élu, sont réunies avec la participation de différentes personnalités indépendantes.

L’objectif est d’aboutir à deux décisions: d’une part la constitution d’un gouvernement d’union nationale ; et d’autre part, une feuille de route sur les arrangements sécuritaires (désarmement, sortie des milices des villes…).

La démarche de Skhirate est plus institutionnelle et devrait s’avérer plus efficace que la démarche d’Alger.

Les autorités algériennes n’avaient manifestement pas apprécié le projet de réunion inter-libyenne au Maroc, sous les auspices de l’ONU.  Elles avaient diffusé une première info selon laquelle la capitale algérienne avait déjà abrité 200 réunions inter-libyennes gardées secrètes! Ceci, en sachant que l’efficacité diplomatique n’est pas une question de quantité.

Un ancien responsable algérien avait accordé une interview à un journal pour expliquer que le Maroc ne pouvait prétendre à aucun rôle régional, car c’est un pays qui “est encerclé à l’est par l’Algérie et au sud par le Sahara occidental“.

Cette déclaration est en fait un aveu: encercler le Maroc a toujours été un objectif stratégique pour les dirigeants algériens, objectif qui explique en grande partie leur engagement contre la marocanité du Sahara.

Quant à la compétition régionale, l’Algérie n’a aucune raison de s’offusquer des bons offices d’un pays encerclé comme le Maroc et qui est tellement faible qu’il ne peut prétendre à aucun rôle régional. L’essentiel est que la Libye arrive à trouver une issue à l’actuelle guerre civile.

(avec MAP)