La Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a présenté, mardi, sa proposition pour rapprocher les positions des parties au conflit et accélérer les pourparlers en cours à Skhirate, en vue de sortir le pays de la crise politique et militaire qui y sévit depuis plusieurs mois.

"Après plusieurs semaines de discussions avec toutes les parties, et tenant compte de la détérioration de la situation militaire sur le terrain qui menace d'une nouvelle escalade à un moment où des progrès ont été réalisés dans le dialogue politique, le représentant spécial de l'ONU pour la Libye, Bernardino Leon, s'est rendu à Tobrouk et Tripoli où il a présenté quelques idées pour accélérer les pourparlers", indique un communiqué de la MANUL.

Il s'agit d'après la mission onusienne "avant tout d'idées libyennes, formulées après de larges consultations avec les parties", notant que ces propositions "répondent aux préoccupations de toutes les parties", appelées "à faire des concessions".

Selon la mission onusienne, ces idées, qui ne représentent pas une solution définitive à la crise politique libyenne et au conflit militaire, représentent la base à partir de laquelle les parties peuvent travailler.

Ces orientations s'articulent, d'après la même source, autour notamment du respect des élections et de leurs résultats, du respect de la légitimité de l'Etat et de ses institutions, y compris le pouvoir judiciaire et toutes les autres institutions, ainsi que de l'adhésion aux principes de la révolution du 17 février, notamment la démocratie, les droits de l'homme et l'établissement de l'Etat du droit.

Ainsi, la MANUL propose en premier lieu la formation d'un gouvernement d'unité dirigé par un président et un conseil présidentiel composé de personnalités indépendantes sans appartenance politique ou à un groupe particulier, qui soit accepté par toutes les parties et tous les Libyens.

La mission onusienne propose aussi une Chambre de représentants en tant qu'organe législatif représentant tous les Libyens, un conseil supérieur d'Etat inspiré des institutions similaires dans d'autre pays, en tant qu'institution fondamentale dans la gouvernance de l'Etat, et une assemblée constituante.

Elle propose aussi un conseil national de sécurité et un conseil de municipalités, relevant que ces deux dernières institutions seront mises en place lors de la deuxième phase des négociations.

Le mandat de ces institutions sera prolongé pendant une nouvelle période de transition dont la durée sera convenue par les parties et prendra fin avec l'organisation de nouvelles élections suite à l'adoption de la constitution et la célébration d'un référendum.

Bernardino Leon est arrivé, mardi en fin d'après-midi à Skhirate, pour reprendre ses contacts avec les parties libyennes au conflit.

Il s'était rendu lundi à Bruxelles pour participer à une réunion des maires des villes libyennes.