Le pilote a refusé d'ouvrir la porte au commandant de bord sorti momentanément du cockpit et actionné les commandes activant la descente de l'appareil, a déclaré le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, lors d'une conférence de presse à l'aéroport de Marignane.
Le copilote, allemand, s'appelait "Andreas Lubitz" et avait 28 ans. A ce stade "rien ne permet de dire qu'il s'agit d'un attentat terroriste". La mort des victimes "a été instantanée", "Nous n'entendons des cris qu'à la fin" a précisé le procureur.
L'Airbus A320 de Germanwings s'est écrasé mardi 24 mars dans les Alpes françaises tuant 150 personnes.
Alors que l'enquête se focalise sur la personnalité des deux pilotes de la compagnie allemande, des familles étaient attendues dans la journée près du lieu du crash où des corps ont commencé à être récupérés.
Selon une source proche de l'enquête, les enregistrements des voix et sons du cockpit figurant sur la boîte noire retrouvée mardi montrent qu'après un début de vol habituel, l'un des deux pilotes a quitté le cockpit et a été dans l'impossibilité d'y retourner pendant la descente vertigineuse de l'appareil vers les montagnes, qui a duré huit minutes.
"Au début du vol, on entend l'équipage parler normalement, puis on entend le bruit d'un des sièges qui recule, une porte qui s'ouvre et se referme, des bruits indiquant qu'on retape à la porte et il n'y a plus de conversation à ce moment-là jusqu'au crash", a indiqué cette source s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Les deux pilotes s'exprimaient en allemand. Et, à la fin du vol, les alarmes indiquant la proximité du sol retentissent, selon la même source.
Alors que très peu d'informations ont filtré depuis la catastrophe aérienne sur la personnalité des deux pilotes, le groupe Lufthansa, maison-mère de Germanwings, a indiqué à l'AFP que le copilote avait été engagé "en septembre 2013" et comptait 630 heures de vol.
Aucune piste écartée à ce stade
Ces derniers jours, les autorités françaises avaient indiqué que toutes les hypothèses sur les raisons du crash étaient sur la table, mais que la piste terroriste n'était "pas privilégiée".
Sur l'explication du drame, "à ce stade, on ne ferme aucune hypothèse", avait indiqué mercredi Rémi Jouty, le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), spécialisé dans les accidents d'aéronefs.
L'avion n'a pas explosé en vol et a "volé jusqu'au bout" avant de se désintégrer en milliers de morceaux contre la montagne, a précisé Rémi Jouty.
"Si les pilotes n'ont pas empêché l'avion d'aller s'écraser contre les montagnes, c'est que soit ils étaient inconscients ou morts, soit ils ont décidé de mourir, soit on les a obligés à mourir", avait alors résumé un expert.
Hélitreuillage des victimes
Les premiers restes des 150 victimes du crash ont été hélitreuillés mercredi par les équipes de secours sur le lieu du drame, près de Digne (sud-est).
Jeudi, les opérations de récupération des corps et de recherche de la deuxième boîte noire contenant les données du vol "ont repris", selon la gendarmerie. Des médecins légistes, accompagnés de gendarmes spécialisés en montagne, ont été à nouveau hélitreuillés sur le site du crash.
Plusieurs centaines de personnes, familles ou proches des victimes, sont attendues d'Allemagne et d'Espagne près du lieu de la catastrophe. Elles doivent être accueillies dans les chapelles ardentes dressées dans deux localités proches du lieu de l'accident, Seyne-les-Alpes et Le Vernet.
Au moins deux grandes tentes en plastique blanc, totalement opaques et closes, étaient dressées jeudi matin devant la chapelle ardente de Seynes-les-Alpes, a constaté une journaliste de l'AFP.
Mercredi, les dirigeants français, allemand et espagnol François Hollande, Angela Merkel et Mariano Rajoy se sont recueillis sur le lieu du crash.
L'Allemagne et l'Espagne qui ont mis leurs drapeaux en berne mercredi sont les deux pays les plus touchés par le drame, avec respectivement 72 et 51 victimes.
Au nord-ouest de l'Allemagne, à Haltern, des roses et des bougies jonchaient les marches de l'établissement scolaire où étaient scolarisés 16 adolescents qui ont disparu dans l'accident.
Mercredi soir, plusieurs minutes de silence ont été observées avant des matchs de football du Bayern Munich, du Real Madrid et d'un match amical Allemagne-Australie à Kaiserslautern.
Sur le lieu de l'accident, à 1.500 mètres d'altitude dans une zone difficile d'accès, plus de 300 gendarmes, 280 policiers, une centaine de sapeurs-pompiers, 70 chasseurs alpins ainsi qu'une dizaine de médecins-légistes sont mobilisés pour les opérations de recherche et d'enquête.
L'identification des corps prendra "des jours et même des semaines", a prévenu le procureur de Marseille Brice Robin. Interpol a envoyé une équipe de spécialistes pour aider à cette tâche.
(Avec AFP)