L’Arabie saoudite, soutenue militairement par 9 autres pays dont le Maroc, a pris le contrôle à minuit heure locale, de l’espace aérien du Yémen et a déclaré une zone d’exclusion aérienne au dessus de ce pays.
Dans le courant de la nuit, de nombreux raids aériens ont été menés par des avions de dix pays, dont 6 F-16 marocains. Les pays participants sont cinq pays du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Emirats, Qatar, Bahrein), le Maroc, la Jordanie, l’Egypte, le Pakistan et le Soudan.
Dans un communiqué diffusé à 02H00 cette nuit par le ministère des Affaires étrangères, le Maroc a exprimé sa “totale solidarité avec l’Arabie saoudite face aux développements dangereux au Yémen“.
Le Maroc, ajoute la même source, se tient aux côtés du Royaume d'Arabie Saoudite dans ses efforts visant à défendre son territoire et à empêcher toute atteinte de près ou de loin, à la Sainte Mosquée ou menace à la sécurité de la région tout entière.
Le communiqué marocain n’annonce pas la participation militaire marocaine aux opérations en cours, mais ne les dément pas non plus. En fait, il laisse la porte ouverte à toutes les interprétations.
Ce sont des sources officielles saoudiennes, citées par des médias locaux, qui ont annoncé la participation marocaine, avec six avions F-16. La Jordanie et le Pakistan ont également envoyé des navires de combat selon les mêmes sources.
Selon des sources médiatiques saoudiennes, le Maroc a annoncé qu'il était prêt à participer le cas échéant à des opérations terrestres au Yémen. De mêmes sources, on précise que les six F-16 marocains sont ceux qui avaient été placés sous commandement émirati dans le cadre de la lutte contre Daech.
L’opération militaire destinée à écraser la rébellion des Houthis et à restaurer la légitimité, est conduite par l’Arabie saoudite qui a engagé 100 avions de combat et 150.000 hommes. L’opération a été appelée “Tempête de la fermeté“.
Les médias saoudiens ont annoncé la destruction de “toutes les défenses anti-aériennes des Houthis“. Selon les mêmes sources, plusieurs dirigeants de la rébellion ont été tués et le QG “rasé“. Les USA ont annoncé soutenir l'offensive militaire et fournir un soutien logistique ainsi que des renseignements.
Une intervention à l'appel du président légitime
Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi avait réclamé mercredi une intervention militaire arabe "urgente" pour empêcher la prise d'Aden par des forces rebelles, à quelques jours de l'ouverture du sommet annuel de la Ligue arabe à Charm el-Cheikh (Egypte).
Cet appel a été lancé après que l'étau se soit resserré sur la ville d'Aden, dans le sud du Yémen, fief du président et du gouvernement reconnus par la communauté internationale.
Les miliciens chiites Houthis, alliés à des militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdullah Saleh, ne se trouvaient plus mercredi qu'à une trentaine de kilomètres d'Aden, l'objectif de leur offensive lancée à partir de la capitale Sanaa qu'ils contrôlent depuis septembre.
Le président Hadi avait déjà exhorté mardi le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter une "résolution contraignante" pour stopper l'avancée des Houthis. Il avait invité "tous les pays qui le souhaitent à fournir un soutien immédiat à l'autorité légitime, par tous les moyens, pour protéger le Yémen".
M. Hadi a ainsi confirmé avoir sollicité les pays du Golfe pour une "intervention militaire" contre les Houthis, proches de l'Iran.
L'Arabie saoudite a réuni mardi soir son Conseil des affaires politiques et de sécurité qui, selon l'agence officielle SPA, a examiné "les développements dans la région".
Dimanche, le ministre saoudien de la Défense, le prince Mohamed Ben Salmane Ben Abdel Aziz, a fait une visite d'inspection des forces armées à Jizane, près de la frontière du Yémen, où il s'est enquis de l'état des installations militaires dans cette province du sud, selon SPA.
En jeu, le leadership du camp sunnite
L'Arabie saoudite pouvait difficilement rester spectatrice de la détérioration de la situation sécuritaire au Yémen qui s'enfonce chaque jour dans la guerre civile avec d'un côté les rebeles houtis qui ont gagné du terrain et qui contrôle la capitale Sanâa et de l'autre, la présence désormais avéré d'Al Qaida et de Daech.
Les rebelles houthis sont proches de l'Iran, ils sont d'obédience chiite.
Ce qui est en jeu, c'est d'un côté la sécurité des Lieux saints de l'Islam et de l'autre, le leadership du camp sunnite.