Quel bonheur incommensurable que de laisser couler ses larmes d’émotion sans retenue en écoutant celle que l’on surnommait la Callas. Vous l’aurez compris d’avance, il sera compliqué pour le chroniqueur de cette rubrique de rester objectif face à une cantatrice qui dispose d’un tel pouvoir.

Celle qui promenait ses trois octaves et demie dans les plus prestigieuses salles de concert du monde a été sacrée« Bible de l'opéra » par Léonard Bernstein, directeur de l’orchestre philarmonique de New York.

Sans être chef d’orchestre, les mélomanes s’accordent tous à reconnaitre qu’elle a été la voix du siècle tant les émotions qu’elle provoque touchent à l’indicible et au plus intime d’entre eux.

Grâce à la magie du net, nous vous proposons un florilège filmé rarissime des plus célèbres airs d’opéra interprétés avec un style si particulier qu'il semble impossible jusqu’à l’heure actuelle à quiconque de le copier.

Dans le 1e acte de l’opéra comique « Carmen » de Georges Bizet, la flamboyante Callas chante « l’amour est un oiseau rebelle » avec une profondeur unique etdes variations infinies de couleurs musicales.

Dès qu’elle démarre son tour de chant, la souplesse de sa voix parfaitement équilibrée et ses notes perchées donnent d’emblée le ton sur sa virtuosité ainsi que sur sonphrasé extraordinaire.

Ce qui frappe dans cette interprétation pleine de chaleur, c’est son bonheur impétueux d’être sur scène avec  l’expression de ses yeux étincelants montrant une délectation de toutes les secondes.

Alors qu’elle-pensait être une malaimée dans sa vie privée, ce spectacle tragicomique nous montre une cantatrice qui semourait littéralement d’amour sur scène.

Le titre Norma Casta Diva de Vincenzo Bellini qui a été le rôle fétiche de la Callas est considéré comme l'un des plus difficiles du répertoire du Bel Canto requérant une grande technique lyrique.

Dans cet opus, les ressorts de sa voix de soprano dramatique restent à ce jour un véritable mystère pour tous les critiques musicaux tant sa tessiture vocale et ses harmoniques sont riches

Dès l’attaque qui pose l’intrigue amoureuse se déroulant en Gaulle sous l’occupation romaine, les frissons sont immanquablement au rendez vous grâce à une puissance vocale inouïe.

La théâtralité extraordinaire de la divine diva est une invitation à pleurer d’émotion en imaginant l’histoire tragique d’un amour impossible

La Callasne se contente pas simplement d’interpréter le rôle phare de Norma car dans les faits elle a le pouvoir incroyable de devenir la Norma de la partition musicale d’origine.

Si l’opéra dramatique Madame Butterfly composé par Giacomo Puccini devait être conté, il ne pourrait l’être que par sa voix qui a su transcender le rôle tragique d’une Geisha se suicidant après avoir été abandonnée par son époux américain.

Son chant d'une intensité dramatique est une véritable leçon de belcanto avec une longueur de souffle exceptionnelle et une précision de vocalises proprement hallucinante.

Il faut souligner que la diva ne s’est jamais servie de ses héroïnes pour mettre en avant le miracle de sa voix mais a toujours fait en sorte de s’éclipser derrière elles pour mieux les servir.

Son interprétation vertigineuse de l’Ave Maria de Franz Schubert est un véritable miraclede sensibilité musicale. Sans ôter le côté liturgique du « Je vous salue Marie », la Callas démontre s’il en était besoinque la  pureté de son  chant représente la quintessence de l’art lyrique

Pendant sa courte vie de cantatrice, la Callas prouva qu'à l'opéra, on pouvait chanter et jouer comme au théâtre ou au cinéma en rendant la partition musicale étonnamment expressive.