Dans un entretien accordé à Thomas Friedman du New York Times ce week-end, le président américain Barack Obama précise les contours de l’accord de Lausanne sur le nucléaire iranien, les relations de Washington avec Tel Aviv et celle de Washington avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et les Etats arabes sunnites en général.
S’agissant des alliés arabes sunnites des Etats-Unis, le président américain déclare qu’ « ils font face à des menaces extérieures réelles, des populations qui, dans certains cas, sont aliénées, une jeunesse sous-employée, une idéologie nihiliste et destructive, et, dans certains cas, la croyance qu’il n’existe pas de canaux politiques légitimes pour leurs revendications ».
« Une partie de notre travail, poursuit Obama, est de travailler avec ces Etats et de leur dire « comment pouvons-nous construire des capacités de défense contre les menaces externes, mais aussi, comment nous pouvons renforcer le système politique dans ces pays, afin que la jeunesse sunnite sente qu’elle a autre chose que l’Etat islamique comme choix ».
« Je pense, poursuit Obama, que les plus grandes menaces qu’ils affrontent ne proviennent pas d’un Iran qui pourrait envahir. Cela va venir de l’insatisfaction à l’intérieur de ces pays … C’est un échange difficile que nous allons avoir, mais nous allons devoir le faire ».
Ces propos recoupent ce que la Maison Blanche déclarait l’été dernier au lendemain des appels à l’aide envoyés par le Premier ministre irakien Al Maliki suite à la proclamation de l’Etat islamique le 30 juin dernier.
Washington estime que les réformes politiques internes aux pays arabes et la constitution d’une force armée interarabe sont les réponses à apporter en priorité à la menace du type Da’ech ou autre sur la stabilité des Etats arabes sunnites du Golfe et de la péninsule arabique.
Dans cet entretien au New York Times qui s’est déroulé dans le bureau ovale de la Maison Blanche, Obama a rappelé qu’il avait invité les six pays-membres du CCG à un sommet à Camp David dans les prochaines semaines. Le Maroc et la Jordanie sont associés au CCG.
L’accord de Lausanne doit être complété
Dans ce même entretien, Obama estime qu’il faut tenter l’ouverture avec l’Iran pour contenir la prolifération nucléaire. Au sujet de l’accord de Lausanne, il indique que « nous n’avons pas encore fini. Il reste beaucoup de détails à traiter (…).
Obama se montre tout aussi ferme sur les craintes israéliennes. Il a condamné l’envoi d’un courrier par le camp républicain au président iranien pour l’avertir qu’un accord sur le nucléaire serait annulé par les élus du Congrès.
De même, Obama a condamné l’invitation faite par les républicains américains à Benyamin Netanyahu de venir s’exprimer au Congrès à Washington sans en référer à la Maison Blanche.
Sur ce même thème, Obama a indiqué qu’ « il était important de reconnaître que l’Iran était un pays complexe –comme nous sommes un pays complexe » a-t-il ajouté. « Il ne fait aucun doute qu’il existe une grande méfiance, du fait de l’histoire entre nos deux pays, qui ne va pas s’effacer immédiatement (…). Je pense que l’élection du Président Hassan Rouhani indique qu’il existe un appétit du peuple iranien pour rejoindre la communauté internationale, une insistance sur l’économie et le désir de se connecter à l’économie internationale ».