C’est toujours triste lorsqu’un poète meurt.
Abnoudi n’était pas seulement un poète. Il était poète en “ammiya“, la darija des rives du Nil, le dialecte égyptien.
Dans ce pays des belles lettres arabes, de Naguib Mahfouz, Ahmed Chawqui et Taha Hussein, Al Abnoudi écrivait et s’exprimait en égyptien. Al-Abnoudi fait partie de ceux qui ont prouvé que l'on peut créer en arabe "vulgaire" dans le sens où Dante disait "italien vulgaire".
Il a beaucoup écrit pour des chanteurs célèbres comme Abdelhalim, Chadia, Najat Essaghira ou Mohamed Rochdi. Avec ce dernier chanteur et le compositeur Baligh Hamdi, ils ont formé un trio qui a rendu son lustre à la chanson populaire égyptienne et qui l’a exporté bien au-delà du Nil.
Il a également rassemblé la célèbre geste hilalienne –Assira Al Hilaliya- qui raconte sous forme d’épopée romancée l’invasion du Maghreb par les tribus Banou Hilal. Les Banou Hilal ont envahi la Tunisie au 11è siècle y semant le chaos pendant un ou deux siècles. Ils sont passés en Algérie puis dans l’Oriental marocain. Ce sont les Almohades qui mirent un terme à cet épisode tragique. Les Banou Hilal ont en grande partie arabisé le Maghreb. Leur seul legs digne de ce nom est la Geste hilalienne dont un million de vers ont été rassemblés en Egypte par Al-Abnoudi. En Tunisie aussi, il existe une geste hilalienne. Les auteurs de la Geste hilalienne sont inconnus, elle a été enrichie au fur et à mesure des siècles par l'apport populaire.
Ici, Mohamed Rochdi, le chanteur égyptien, chantant Adaouiya, écrite par Abderrahmane Abnoudi.
Et Faiza Ahmed avec la célèbre “Mal Alaya Mal“, écrite par Abderrahmane Abdnoudi.
Ci-desous, le célèbre poème “Amma Yamna“, où le poète s’adresse à sa tante Yamna.
Une page Facebok est consacrée à sa poésie: ici.
Quelques uns de ses poèmes dans l’encyclopédie de la poésie arabe: ici.