L'affaire a commencé par la publication d'extraits d'un document inédit, divulgué par Médias 24. Il s'agissait d'une enquête scientifique et sociologique sur la prostitution dans 4 villes marocaines, réalisée en 2011 sous l'égide du ministère de la Santé publique.

Après leur publication par Médias 24, les données ont été reprises par plusieurs de nos confrères, souvent sans citer la source, alors que nous sommes encore les seuls à détenir cette étude jamais publiée.

Dans deux quotidiens, l'information est devenue: "Après le film de Nabil Ayouch, le ministère de la santé recense les putes dans quatre villes". Littéralement.

L'info que Médias 24 avait divulguée et qui expliquait que l'enquête s'est déroulée en 2011, n'était pas assez croustillante, pas assez sanguinolente aux yeux de ces confrères, il faut vendre, faire dans le sensationnel. A les en croire, Lhoussine Louardi, qui accompagne d'ailleurs le Roi Mohammed VI dans sa tournée africaine, a pris la peine d'ordonner cette étude après la sortie du film.

Le ministère de la Santé a publié ce vendredi en fin de journée, une mise au point pour expliquer qu'il effectue régulièrement des études de terain au sujet du SIDA et que ces études obéissent à une méthodologie scientifique. La dernière étude épidémiologique s'est déroulée en 2011. Son travail se borne à soigner et à créer les conditions d'une meilleure santé pour les Marocains.

L'enquête en question (le ministère ne le précise pas dans son communiqué), portait sur les prostituées dans quatre grandes villes, car la prostitution peut être un vecteur du SIDA et d'ailleurs, comme nous l'avons précisé, l'enquête montrait à quel point les travailleuses du sexe prenaient des risques ainsi que le fait qu'une proportion importante était séropositive.