«Cela s’est décidé suite à des discussions entre le président sud-africain Thabo Mbeki et le président Blatter», a indiqué le secrétaire général Jérôme Valcke. Les noms d’autres personnalités politiques sud-africaines sont cités dont des responsables du sport et l’ancienne ministre des Affaires étrangères de Prétoria Nkosazana Dlamini-Zuma actuellement à la tête de la commission de l’Unité africaine.

Outre ces accusations contre Blatter, l’officiel de la Fifa Domenico Scala indique ce dimanche dans le Sonntags Zeitung suisse que la tenue des mondiaux 2018 et 2022 en Russie et au Qatar n’était pas assurée.

«S’il était prouvé l’achat de voix, alors ces attributions sont susceptibles d’être invalidées». Scala est responsable de l’audit et membre du comité des réformes instauré par Blatter au lendemain de l’annonce de sa démission.

Double enquête et multiples soupçons

Washington, Londres et Berne suivent ces deux dossiers de près. Les Américains mettant la pression sur Moscou ; les Anglais sur la FIFA et l’attribution du mondial 2022 au Qatar.

La justice suisse enquête sur les conditions d’attribution des mondiaux 2018 et 2022 depuis mars dernier et cela n’a été révélé que dans la dernière semaine  du mois de mai au lendemain de la conférence de presse de la ministre américaine Loretta Lynch à Brooklyn le mercredi 27 mai dernier.

C’est à cette occasion que le département de la justice américain avait révélé un acte d’accusation de plus de 130 pages et visant Jack Warner et ses deux fils, Jeffrey Webb, Charles Blazer et neuf autres officiels du football sud américain et de la FIFA et des dirigeants d’entreprises spécialisées en marketing et en droits télévisés.

Dans un premier temps, en début de semaine dernière, c’est Valcke qui était mis directement en cause. Pour le moment, outre le fait que les deux hommes partagent les positions numéro 1 et numéro 2 à la tête de la FIFA, ils commencent à échanger des mises en cause de manière indirecte.

Valcke vs Blatter ?

Outre le fait qu’ils n’iront pas au Canada assister au mondial féminin, Blatter et Valcke ne sont pas non plus allés en Nouvelle-Zélande pour le mondial des moins de 20 ans. Pas de Canada donc car officiellement il y a beaucoup de travail en ce moment à Zürich, mais également parce que le Canada dispose d’une frontière de plus de 4.500 km avec les Etats-Unis où la justice enquête.

Quand à la Nouvelle-Zélande, Auckland a officiellement déclaré les deux hommes non grata pendant le déroulement du mondial junior de la Fifa.

Ce week-end a été riche en révélations sur la corruption au sein de la Fifa. Le vote pour le mondial 2010 a été truqué en faveur du pays de Mandéla et en défaveur du Maroc selon des témoignages dignes de foi dont certains enregistrés par le Sunday Times.

Le Maroc avait officiellement perdu par 14 voix contre 10. En réalité, il a gagné par 13 voix contre 11, malgré le vote de Jack Warner et les 10 millions de dollars qui lui avaient été promis.

De son côté, le ministre égyptien des sports en poste en 2004, Alae Eddine Hilal a révélé ce dimanche que Jack Warner avait approché Le Caire demandant sept millions de dollars pour sept voix à la veille du vote de Zürich en mai 2004. Le Caire avait refusé et n’avait obtenu aucune voix. Jack Warner, de Trinidad et Tobago, est l’objet d’un avis de recherche d’Interpol depuis une semaine.  Il est accusé de racket. Warner, ancien patron de la Concacaf et vice-président de la Fifa, est député au parlement de son pays.