Durant le mois de mai 2015, seul Maroc Telecom a utilisé son programme de rachat. Ainsi, la société a vu son autocontrôle progresser de 0,011% à 0,017%.
En effet, Maroc Telecom vise un programme de rachat qui porte sur 0,17% du capital pour une fourchette de prix allant de 87 DH à 152 DH. La fourchette basse est inférieure de 19,8% par rapport au dernier cours en bourse. Le programme est valable du 12 mai 2015 au 11 novembre 2015.
Par ailleurs, 4 autres sociétés mettent en place des programmes de rachat. Dans le détail :
– Addoha se dote d’un programme de rachat qui porte sur 1% du capital pour une fourchette de 45 DH à 80 DH. La fourchette basse est supérieure de 50% par rapport au dernier cours en bourse. Le programme est valable du 28 mars 2014 au 25 septembre 2015. Addoha détient, à fin mai 2015, 0,84% du capital.
– Salafin a un programme de rachat qui porte sur 5% du capital pour une fourchette de 500 DH à 800 DH. La fourchette basse est inférieure de 20% par rapport au dernier cours en bourse. Ce programme est valable du 14 avril 2015 au 13 octobre 2016. Salafin détient, à fin mai 2015, à peine 0,00025% du capital.
– La portée globale du programme de rachat de Atlanta est de 5% du capital à une fourchette de 60 DH à 90 DH. La fourchette basse est inférieure de 6,25% par rapport au dernier cours en bourse. Le programme a démarré le 25 octobre 2014 et devrait se clôturer au 24 Mars 2016. Atlanta détient 0,96% d’auto-contrôle.
– le programme de rachat de la BMCI a pris fin. En effet, BMCI visait un programme de rachat à hauteur de 1% du capital du 19 mai 2014 au 18 mai 2015. Le prix varie entre 680 DH et 1030 DH. La fourchette basse est supérieure de 4,77% du dernier cours en bourse. BMCI détient, à fin mai 2015, 0,38% du capital.
Le marché boursier n’est pas liquide
La faible utilisation des programmes de rachat par les sociétés cotées est une conséquence de l’absence de liquidité sur le marché boursier, nous a déclaré un analyste financier de la place. Les sociétés qui ont souvent recours au programme de rachat sont celles dont le titre est liquide, et le meilleur exemple reste celui de Maroc Telecom.
En effet, une société cotée ne va pas mettre en place un programme de rachat dont le but est de réduire la volatilité de son titre, alors que ce dernier n'est même pas liquide et donc non volatile, nous a précisé notre analyste.
Le marché boursier doit d'abord retrouver sa liquidité pour que les sociétés aient recours aux programmes de rachat. Certes, il y a le contrat de liquidité qui peut être adossé au programme de rachat dans le but d'améliorer la liquidité du titre, mais cette option est très peu activée a fait savoir le même analyste.
Les sociétés disposant d'un programme de rachat se retrouvent avec un stock d'actions qu'elles ne peuvent liquider sur le marché à cause de la faiblesse de la demande, a expliqué notre analyste.
Par ailleurs, un expert de la finance des marchés nous a déclaré: «Pour certaines sociétés, la non utilisation du programme est liée à l'optimisation de la trésorerie, comme c’est la cas pour Addoha. Pour d'autres, c'est l'absence d'intérêt quand le parcours boursier est logique sans existence de gros volumes à la vente».
Il a ajouté: «Pour la place financière, la conséquence est l'aggravation du problème de liquidité car initialement, ces programmes avaient pour objectif d'augmenter la liquidité des titres et non uniquement réguler le cours en bourse».
Que dit la loi?
Enfin, voici les principales modalités du programme de rachat par une société de ses propres actions selon la circulaire du CDVM.
En application de l’article 1er du décret n° 2-02-556 fixant les formes et conditions dans lesquelles peuvent s’effectuer les rachats en bourse par les sociétés anonymes de leurs propres actions en vue de régulariser le marché, tel que modifié et complété, la société désigne une société de bourse unique pour l’exécution de son programme de rachat en vue de régulariser le marché.
Le programme de rachat consiste à intervenir sur le marché par l’émission d’ordres d’achat et/ou de vente dans l’objectif de réduire la volatilité et les variations excessives du cours de l’action.
L’objectif de régularisation du cours peut également être recherché à travers une action préventive visant à renforcer la liquidité du titre. A cet effet, l’émetteur peut mettre en place un contrat de liquidité adossé au programme de rachat sous réserve que les conditions suivantes soient remplies :
– l’option d’un contrat de liquidité est explicitement autorisée par l’assemblée générale ;
– le contrat de liquidité ne peut porter sur un pourcentage excédant 20% du programme de rachat autorisé par l’assemblée générale ;
– le compte titres affecté au contrat de liquidité doit impérativement être soldé au plus tard à la fin du programme de rachat ;
– le contrat de liquidité doit être géré dans un compte distinct.