Dans cette analyse, diffusée ce 1er juillet dans l’après-midi auprès des professionnels de l’économie et des finances à Paris et à Londres, l’agence financière Fitch évalue le risque de l’exposition de la Tunisie au risque terroriste et son dommage potentiel à l’économie.

Selon Fitch, «la transition politique réussie de la Tunisie au cours de ces dernières années lui permet de supporter des réformes structurelles, qui augmenteront la croissance économique à moyen terme».

Les attaques du Bardo et de Sousse, 515 M USD de manque à gagner

Fitch indique que l’attaque de Sousse qui a fait 38 morts dont 30 touristes britanniques après celle de l’attaque du musée tunisois du Bardo (24 victimes) aura un impact sur le tourisme.

Fitch estime l’impact négatif à 1,1% du PIB en 2015, soit un manque à gagner pour le tourisme tunisien de 515 M USD (1 USD = environ 9 dirhams).

En 2014, le tourisme a compté pour 7% du PIB tunisien, 12% de l’emploi et 9% des réserves en devises, 2,1 MM USD. Le PIB tunisien est estimé à 55 MM USD, pour une population de 10,9 millions d’habitants. Le pays couvre 164.000 km².

Pour Fitch, les attaques du Bardo et de Sousse illustrent les risques de sécurité dans un pays qui est en passe de réussir sa transition politique de la dictature à la démocratie, sans passer par la case théocratie.

Parmi les facteurs de risque tunisiens figurent la longue frontière terrestre avec la Libye, l’important contingent de combattants tunisiens en Syrie et la proximité de la frontière algéro-tunisienne et des foyers terroristes algériens.

De l’utilité de la transition démocratique

Au terme de son analyse, Fitch estime que «le processus de transition politique et de stabilisation est bien enraciné». La notation financière de la Tunisie de BB- avec perspective négative mise à jour en mars dernier indique Fitch, reflète «la complétion du processus de transition démocratique».

Selon Fitch, la Tunisie dispose des ressources pour redémarrer son économie et mettre en œuvre des réformes structurelles qui favorisent la croissance. Le chômage touche 25% de la population en âge de travailler, selon des estimations modérées.

Fitch note que le code des investissements, le secteur bancaire et la fiscalité doivent constituer la priorité des chantiers de réformes de structures. L’agence londonienne ajoute que la Tunisie a réussi à lever sans difficulté 1 MM USD sur les marchés internationaux en janvier dernier.  Tunis bénéficie actuellement de sa politique de réduction des subventions et de la baisse du prix du pétrole.

Tunis bénéfice également, note l’agence londonienne, du soutien ferme de ses alliés européens et américains. Rabat et Alger d’ailleurs ne devraient  pas ménager leurs efforts pour soutenir Tunis dans sa consolidation démocratique et sa politique de sécurité. Toute action en ce sens ne pourrait qu’être appréciée à sa juste valeur par les opinions publiques marocaine et algérienne.