Ce groupe règne en maître incontesté sur une planète qui a vu les Beatles disparaître prématurément, mais n'essayez surtout pas de réconcilier leurs fans respectifs, car contrairement aux Fab four, les Glimmer Twins veillent encore à rallumer le flambeau du rock  qu’ils ont toujours porté très haut.

Pour illustrer cette affirmation, nous citerons le titre «Like a Rolling Stone» composé par Bob Dylan résumant à lui seul l’incroyable longévité du plus ancien et plus populaire groupe de rock and roll au monde.

Un demi-siècle après le niet parental à la question «Laisseriez-vous votre fille épouser un Stone?», ses morceaux n'ont pas pris une ride, car ils provoquent toujours le même déchainement de satisfaction chez son public d'adolescents, de parents, de grands-parents et même d'arrières grands parents.

Même si certains esprits cyniques les surnomment ironiquement les vieux cailloux, cela n'empêche pas les quatre historiques d’incarner l’esprit inaltérable du rock avec leur visage parcheminé où s’est écrite une des plus belles pages de l’histoire de ce registre musical.

Si en musique, il est délicat de transgresser les catégories, c’est un peu la même rengaine pour le blues car jamais avant eux, des «nègres blancs» n’avaient eu l’outrecuidance de s’approprier aussi brillamment un répertoire traditionnellement dévolu aux chanteurs et musiciens d'origine afro-américaine.

Nous avons choisi donc de démarrer notre programmation par des images exceptionnelles des Stones aux côtés de véritables légendes du blues, avant de présenter leurs propres compositions.

La première vidéo se passe à Chicago où à chacun de leurs passages, les Stones vont saluer le propriétaire du «Checkerboard Lounge» qui n’est autre que le bien nommé Buddy Guy.

D’ordinaire, quand Muddy Waters joue, ses fans l’écoutent religieusement, mais il improvise une jam session avec ce genre d'invités surprise dans un des plus mythiques clubs de blues au monde (Montana Avenue, Chicago) le résultat dépasse toutes les espérances des amateurs de blues.

À l'invitation du légendaire Muddy Waters, Mick, Keef et Ronny se lancent à ses côtés dans une interprétation hallucinante de «Please don’t go», se passant de tous commentaires.

 

Le classique «Champagne and reefers» est l’occasion de réunir les « blancs-becs » du blues aux côtés de Buddy Guy, qui est devenu le dernier mohican afroaméricain du blues après le récent décès de BB King.

Malgré les affres du temps, le Riff master Keith et le rythm guitar Ronnie déploient autour de lui de bruyantes sonorités Rythm’n Blues, tandis que Mick affiche une énergie vocale incroyable.

Même s’il a failli à sa réputation d’impassibilité, le batteur Charlie Watts affiche quant à lui un large sourire de contentement, doublé d’un indéfectible plaisir de jouer avec ses compères. 

 

Quand les papys du rock invitent sur scène les terribles australiens d’ACDC pour interpréter «Rock me baby», les oreilles averties des mélomanes comprennent de suite que le rock n’est en définitive que l’enfant du blues.

Une prestation musicale très visuelle, où les Rolling Stones suivent avec délice les délires instrumentaux des frères Angus et Malcom Young, qui ont fait les beaux jours du hard-rock.

Ravissant ses compagnons d’un soir, le guitar lead Angus confirme sa réputation d’exceptionnel musicien doublé d’un incroyable showman au goût prononcé pour le pas de l’oie popularisé par Chuck Berry.

Il serait injuste de réduire leur prolifique carrière à une simple réinterprétation de classiques d’antan, car en cinquante années, les Rolling Stones ont eu le temps de commettre des albums anthologiques, qui ont renouvelé et révolutionné le répertoire du blues.

Alors qu’ils n’ont signé aucun titre majeur depuis 1981, la recette de leur popularité réside sans conteste dans la personnalité exubérante de Mick, les exceptionnels riffs de Keith et le beat jazzy de Charlie.

«Sympathy for the Devil», extrait du chef d'oeuvre «Beggars Banquet» a largement contribué à asseoir la réputation diabolique du groupe. Dans la version suivante, Mick décline ses déhanchés uniques et harangue la foule en remuant son anatomie androgyne avec un mix de braise et de glace.

Symbolisant le «corps» du groupe, le chanteur se contorsionne, virevolte en finissant par orchestrer un chaos musical satanique par une invocation flamboyante.

Sous les griffes de l’imperturbable Keef qui s’échine à dispenser ses riffs rageurs, «Midnight Rambler» affiche un retour assumé à un mélange de blues et de rock perverti.

Accompagné de son harmonica, Mick s’égosille comme si la fin du monde était imminente et lorsque le tempo se suspend, il se meut comme un démon à la gestuelle brûlante et littéralement insaisissable.

Tiré de l'album «Let it bleed», ce titre se place sous le signe de la sainte trinité "Sex, Drugs, Rock’n’Roll"  qui est devenue la véritable marque de fabrique des Rolling Stones.

Sans être exhaustif, nous citerons en sus les albums «Sticky Fingers», «Exile on Main Street», «Black and Blue», et «Some girls» suintant littéralement les ivresses de leurs auteurs.

Bonnes vacances et rendez-vous en septembre prochain pour de nouvelles aventures musicales!!!