Ouvert en 1869, le canal de Suez est l'une des routes essentielles pour le commerce mondial, notamment pour le transport du pétrole et les porte-conteneurs, et une source précieuse de devises pour l'Egypte, qui cherche à relancer une économie en crise depuis la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.
L'expansion du canal représente l'un des grands travaux phares de M. Sissi qui, à peine élu en 2014, avait lancé en grande pompe ce projet comprenant l'ouverture d'une nouvelle voie doublant, sur 35 km, le célèbre canal long de 193 km, et l'élargissement et l'approfondissement d'un tronçon sur 37 autres kilomètres.
Le président égyptien avait donné un an à ses ingénieurs et ouvriers pour réaliser ce projet. Pari tenu, grâce à une souscription de quelque 8,2 milliards de dollars qui a attiré de nombreux particuliers et entreprises égyptiens.
M. Sissi devrait ouvrir sur le canal, à Ismaïlia, la parade navale à bord d'un élégant yacht qui appartenait, autrefois, à la famille royale et avait transporté l'impératrice française Eugénie, l'épouse de Napoléon III, lors de l'inauguration du canal en 1869, après une décennie de travaux pilotés par Ferdinand de Lesseps.
L'émir du Koweït et le roi du Bahreïn figurent parmi les personnalités attendues, comme les présidents palestinien et du Yémen, ou les Premiers ministres russes Dmitri Medvedev et grec Alexis Tsipras.
La nouvelle voie doit permettre de doubler le trafic à l'horizon 2023, assure le Caire. A cette date, quelque 97 navires emprunteront le canal quotidiennement contre 49 actuellement, promet l'autorité du canal.
La nouvelle artère permettra la circulation dans les deux sens, réduisant de 18 à 11 heures le temps d'attente des bateaux, et doit faire passer les revenus du canal de 5,3 milliards de dollars (environ 4,7 milliards d'euros) attendus en 2015 à 13,2 milliards de dollars (11,7 milliards d'euros) en 2023, toujours selon les autorités.
La cérémonie risque, cependant, d'être éclipsée par une nouvelle atrocité du groupe jihadiste Etat islamique (EI), dont la branche égyptienne menace d'exécuter un jeune otage Croate travaillant pour une compagnie française. Au moment même où M. Sissi, l'ex-chef de l'armée qui a destitué, il y a deux ans, le président islamiste Mohamed Morsi et réprime implacablement toute opposition, veut rassurer touristes et investisseurs étrangers, en proclamant un retour à la sécurité dans son pays.
(Avec AFP)