Ces violences interviennent alors que la tension monte dans la rue turque avec l'intensification de la campagne du gouvernement contre la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), au moment où les Etats-Unis ont déployé des chasseurs F-16 en Turquie pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI).

Peu après minuit, un kamikaze présumé a fait exploser une voiture piégée devant un poste de police du quartier de Sultanbeyli sur la rive asiatique du Bosphore à Istanbul. Dix personnes ont été blessées dont trois policiers, selon un communiqué du bureau du gouverneur.

Une bataille rangée a ensuite opposé les assaillants à la police toute la nuit, des images de télévision montrant les policiers retranchés derrière les murs et leurs véhicules blindés et échangeant des coups de feu avec les militants.

Outre le kamikaze, deux militants ont été tués dans les affrontements, selon le bureau du gouverneur.

Beyazit Ceken, chef du département des explosifs à la police, a été blessé dans les accrochages et est décédé à l'hôpital, a ajouté la même source.

Dans le même temps, deux femmes ont ouvert le feu tôt lundi matin sur le consulat, très protégé, des Etats-Unis, situé dans le quartier d'Istinye sur la rive occidentale du Bosphore, ont rapporté les chaînes CNN-Turk et NTV.

L'une des assaillantes, blessée, a été arrêtée par la police, selon le bureau du gouverneur. La femme en fuite est Hatice Asik, 42 ans, une militante du DHKP-C (Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple), selon l'agence officielle Anatolie.

Le DHKP-C a confirmé son identité sur son site web et promis que "la lutte continuera jusqu'à ce que l'impérialisme et ses collaborateurs quittent notre pays et que chaque pouce de notre territoire soit libéré des bases américaines", a-t-il affirmé.

Ce groupe radical avait revendiqué en 2013 un attentat-suicide contre l'ambassade des Etats-Unis à Ankara qui avait fait un mort. Il est considéré par le pouvoir turc comme proche du PKK.

Le consulat américain a confirmé qu'un "incident de sécurité" s'était produit et annoncé qu'il resterait fermé au public jusqu'à nouvel ordre.

Un responsable turc, qui a requis l'anonymat, a affirmé à l'AFP que le DHKP-C était responsable de l'attentat et que le PKK avait pour sa part attaqué la station de police.

(Avec AFP)